Un psychiatre et un psychologue ont été entendus mardi devant la cour d'assises de Liège au procès de Patrick Aloisio, un Soumagnard accusé de l'assassinat de sa belle-mère. Ces deux experts ont décrit la personnalité jalouse de l'accusé, son besoin de reconnaissance, sa dévalorisation et un sentiment de colère qui l'a poussé à commettre les faits alors qu'il se sentait dépossédé de sa femme. Patrick Aloisio est accusé d'avoir assassiné sa belle-mère le dimanche 9 octobre 2011 à Grivegnée. L'accusé avait porté des coups de tabouret et étranglé Régine Janssen , la maman de l'épouse avec laquelle il était en instance de divorce. Selon le psychiatre Walter Denys, Patrick Aloisio présente un manque d'assurance et a besoin de se sentir valorisé par autrui. A l'époque des faits, il travaillait de façon exagérée dans son restaurant. Sa femme lui reprochait cet excès de travail et elle était devenue plus distante. L'humeur de Patrick Aloisio a changé car cette prise de distance de l'épouse a insinué chez lui le doute. Patrick Aloisio présente une immaturité affective et un manque de confiance en lui. Une jalousie ancienne s'est transformée en appréhension d'être dépossédé. Il a été rongé par le doute et il s'est orienté vers la conviction que sa femme avait une liaison extraconjugale. Il pourchassait sa femme avec insistance. Le jour des faits, lorsqu'il s'est rendu chez sa belle-mère, il essayait d'obtenir d'elle la confirmation qu'elle était informée d'une relation extraconjugale. Si sa belle-mère l'a abordé avec la même autorité que son épouse, il s'est senti irrité et il a perdu les pédales, a précisé le psychiatre. Le psychologue Serge Garcet a évoqué le narcissisme de l'accusé, son côté égocentré et son immaturité de fonctionnement. Si Patrick Aloisio regrette les faits de façon sincère, il fuit encore la responsabilité de son acte. Selon les experts, Patrick Aloisio était amoureux et jaloux. Quand il s'est rendu compte que sa femme lui résistait, il s'est senti dominé. Quand elle s'est détachée de lui, il s'est senti dans la position du perdant. Il n'a pas supporté cette position et est devenu colérique. Depuis son incarcération, Patrick Aloisio présente une forme de souffrance et de culpabilité face aux faits. Selon les experts, il est principalement centré sur sa propre souffrance. Selon un psychologue consulté par la défense, il aurait entamé un processus de remise en cause et aurait mesuré le mal qu'il a commis