Les avocats de Roland Roloux, accusé d'avoir tué Marc Namotte d'une quarantaine de coups de tournevis en juin 2013, ont sollicité jeudi son acquittement devant la cour d'assises de Liège. Me Töller et Me Gilissen ont soutenu que l'intéressé a été emporté par une force irrésistible lorsqu'il a attaqué Marc Namotte, un homme dont il n'était pas parvenu à se défaire. Roland Roloux avait tué Marc Namotte le 29 juin 2013 à dans la rue Aux Ruelles à Vottem. Ses avocats ont d'abord évoqué sa personnalité lors de leurs plaidoiries. Me Maxim Töller a souligné que son client a toujours été d'une gentillesse totale durant sa vie. Les témoins étaient unanimes pour décrire en lui un homme non-violent et d'une générosité incroyable. Il avait un bon coeur au point de donner aux autres ce dont il avait besoin, a décrit l'avocat. Selon la défense, Roland Roloux n'est pas le menteur qui a été décrit par l'accusation. Il est un homme terriblement simple, qui n'est pas dans la misère humaine, mais qui se contente d'une vie simple et faite d'amour. Roland Roloux a, par contre, été opposé à la personnalité manipulatrice de Marc Namotte. Incrusté chez Roland Roloux, il s'est considéré comme dans un palace, s'est montré indécent et a abusé de sa maison, de son argent, de sa faiblesse et même de son corps en lui imposant des relations homosexuelles. Selon Me Töller, l'accusé avait constaté que Marc Namotte était sous l'influence de médicaments et de méthadone le jour des faits. Pour la première fois de sa vie, il a eu le courage de dire non et de demander à la future victime de quitter sa maison. Mais lorsque Marc Namotte est revenu chez lui et l'a insulté, Roland Roloux, excédé, a explosé dans la violence. C'est un ouragan de haine et de violence qui s'est abattu sur Marc Namotte. C'était un acharnement. Il a explosé car il a été débordé. Mais son geste n'était pas prémédité, a analysé l'avocat. Me Jean-Louis Gilissen a souligné le caractère envahissant de Marc Namotte, qui s'est emparé de l'espace et de la vie de l'accusé. Il s'est accaparé de lui, comme un ogre. C'était une occupation pleine. Marc Namotte régentait Roland Roloux au point de lui donner des ordres. Roland Roloux n'en pouvait plus! , a analysé Me Gilissen. Selon la défense, l'homme a explosé le jour des faits sous le coup d'une émotion extrêmement forte. Il a perdu le contrôle et a été emporté par une force irrésistible. Roland Roloux est un pauvre bougre qui pendant des mois a subi la domination inhumaine de Marc Namotte. Sa culpabilité serait d'avoir restitué cette violence avec préméditation ? Non, il a réellement perdu le contrôle de la situation, a plaidé Me Gilissen. Après les répliques, le jury entrera en délibération pour se prononcer sur le niveau de culpabilité de Roland Roloux. L'arrêt motivé sur la culpabilité est attendu en fin d'après-midi.