Les avocats des différents accusés ont présenté lundi, devant la cour d'assises de Liège, leurs actes de défense au procès des tueurs présumés d'Ihsane Jarfi. Le conseil de Mutlu Kizilaslan a déjà avancé des éléments relatifs à des problèmes psychiques ou psychiatriques. Sur base de la loi de défense sociale, il pourrait éventuellement réclamer l'internement de son client à l'issue du procès. Après la matinée consacrée à la lecture de l'acte d'accusation, les avocats de la défense ont présenté en début d'après-midi leurs actes de défense. Il s'agit d'un commentaire préalable qui permet aux avocats des accusés de présenter la manière dont ils vont aborder la défense de leur client. Pour la défense de Mutlu Kizilaslan, Me Moureau a soutenu que son client n'a jamais voulu ou imaginé le sort qui a été réservé à Ihsane Jarfi. L'avocat a évoqué le danger, devant des faits d'une telle gravité, de vouloir placer les quatre accusés dans un même sac avant de le jeter à l'eau. Les juges n'ont pas le droit de commettre cette erreur, a-t-il soutenu. Me Moureau a ajouté, pour aborder le chapitre de l'homophobie, que son client est issu de la culture musulmane et que celle-ci ne perçoit pas l'homosexualité comme la culture judéo-chrétienne. Durant sa détention, Mutlu Kizilaslan a fait l'objet d'un placement en annexe psychiatrique. Me Moureau a souligné les problèmes psychiques de son client et a évoqué un rapport d'expertise réalisé à la demande la défense. La défense de Mutlu Kizilaslan pourrait évoquer la loi de défense sociale au stade des plaidoiries et réclamer l'internement de son client plutôt qu'une condamnation pénale. L'avocat de Jérémy Wintgens, Me Gilissen, a affirmé qu'il était prématuré de se faire une idée sur la culpabilité de son client à ce stade de la procédure. Le conseil de cet accusé a demandé aux jurés de le juger de manière humaine, malgré le caractère intolérable des faits, et sur base des seuls actes qu'il a commis. Les avocats de Jonathan Lekeu, Me Lecuyer et Me Lazar, ont annoncé que leur client conteste l'intention d'homicide, la préméditation des faits et leur caractère homophobe. Selon eux, l'homicide d'Ihsane Jarfi a été commis dans un contexte d'exaltation des différents protagonistes. La défense a affirmé qu'une distinction devra être réalisée entre les différents accusés. Pour la défense d'Eric Parmentier, Me Balaes a soutenu que son client regrette les faits, qu'il prendra ses responsabilités et qu'il assume ce qu'il a commis. Mais il conteste l'intention de donner la mort ainsi que le caractère prémédité de la scène qui a été fatale à Ihsane Jarfi.