La défense de Georges Rossion a contesté jeudi après-midi devant la cour d'assises de Liège la préméditation des faits qui sont reprochés à son client, soutenant que ce dernier a commis un meurtre sous l'impulsion d'une colère. Georges Rossion avait tué son ancienne compagne Corinne Vranken de 15 coups de marteau le 5 mars 2013 à Loën . Pour le défendre, son avocat a sollicité du jury un autre regard sur les faits. Selon Me Jean-Louis Libert, Georges Rossion est enfermé dans sa personnalité mais il est nécessaire d'entendre ses explications pour comprendre les raisons qui l'ont mené à commettre ce geste au terme d'une longue vie commune avec Corinne Vranken. Pour l'avocat, la période charnière qui correspond à la dégradation de l'entente dans le couple se situe en juin 2005. Georges Rossion avait découvert que Corinne Vranken, pour améliorer sa vie quotidienne, avait souscrit à son insu 11 prêts financiers portant sur des milliers d'euros. Une seconde faille est ensuite apparue dans le couple, quand Corinne Vranken a porté plainte pour viol et que Georges Rossion a été condamné. Selon la défense, malgré un jugement qui imposait un éloignement entre les deux membres du couple, Corinne Vranken et Georges Rossion ont continué à se fréquenter comme un couple normal. Georges Rossion ne se serait pas incrusté chez Corinne Vranken. La défense a affirmé qu'il résidait officiellement à Lixhe mais que, en réalité, il vivait chez Corinne Vranken à Loën. Me Libert a soutenu que son client considérait qu'il était encore en couple avec Corinne Vranken. Mais le 22 février 2013, il a surpris sa femme embrassant un autre homme. Depuis ce jour-là, il était rongé par cette image et il souhaitait entretenir une conversation avec elle. Selon l'avocat, Georges Rossion n'a pas prémédité les faits. Il s'est rendu chez Corinne Vranken pour discuter. Il aurait trouvé le marteau chez elle et l'aurait ramassé machinalement pour le déposer sur une table. Au retour de la victime, celle-ci aurait été surprise de le voir et aurait refusé de lui accorder la conversation qu'il espérait. Il aurait alors vu rouge, se serait emparé du marteau et aurait frappé. Elle a déclenché la mécanique. Il a frappé avec l'intention de tuer mais il n'y a pas de préméditation dans les faits, a plaidé Me Libert. Vendredi matin, les jurés écouteront les répliques des différentes parties avant d'entrer en délibération. Le verdict sur la culpabilité devrait tomber en début d'après-midi. L'arrêt éventuel sur la peine devrait être connu vendredi en fin de journée.