La défense de Dominique Leblicq a plaidé vendredi devant la cour d'assises de Liège l'excuse de provocation et la légitime défense en faveur de sa cliente. Si la légitime défense devait être retenue, cette Marchinoise de 50 ans serait alors acquittée de l'homicide de Marco Ferraresi. Le verdict est attendu en fin de journée. Le ministère public avait soutenu lors de son réquisitoire que Dominique Leblicq devait être déclarée coupable d'un assassinat. Mais les avocats de la défense, Me Alexandre Wilmotte et Me Emilie Vanstechelman, ont contesté la préméditation des faits et l'intention homicide. Me Vanstechelman a soutenu que la résolution criminelle n'est pas établie dans le cas de Dominique Leblicq. Selon l'avocate, rien ne démontre que Dominique Leblicq avait réellement l'intention de tuer Marco Ferraresi. Dominique Leblicq aurait commis les faits après avoir été provoquée par Marco Ferraresi. Elle subissait depuis plusieurs mois des insultes et des brimades. Ses sentiments de colère, de rage et de peur l'ont poussée à commettre les faits, a plaidé Me Vanstechelman. Me Alexandre Wilmotte a souligné que le dossier comporte plusieurs exemples d'affirmations qui étaient considérées comme acquises par l'accusation et qui ont ensuite été démenties par des témoins lors du procès. L'avocat a ainsi introduit la notion de doute afin d'inviter les jurés à réfléchir sur les différentes hypothèses évoquées lors des débats. Plusieurs hypothèses envisagées pour justifier un fait, c'est le meilleur exemple du doute, a-t-il souligné. L'avocat a évoqué la personnalité de Dominique Leblicq pour justifier le contexte dans lequel se sont déroulés les faits. Décrite comme franche, sincère et profonde, Dominique Leblicq est une femme de caractère qui ne se laisse pas faire. Mais elle n'a jamais fait preuve de violence gratuite. Il n'existe pas chez elle d'impulsivité destructrice. Ses réactions violentes ont toujours été consécutives à des agressions préalables. Me Wilmotte s'est aussi appuyé sur les rapports des experts pour démontrer la crédibilité de sa cliente dans toutes les explications livrées lors du procès. Les psychiatres ont confirmé qu'elle a vécu un choc terrible et troublant qui peut lui avoir fait perdre le souvenir d'une partie de la scène. Il s'agit d'un black out que la rage peut expliquer. La défense a également évoqué la légitime défense. Selon Me Wilmotte et Me Vanstechelman, Dominique Leblicq s'est défendue de manière légitime d'une agression sexuelle. Les experts ont relevé lors des débats des éléments qui démontrent que Marco Ferraresi était capable d'agressivité. Si les jurés devaient reconnaître cette cause de justification, l'accusée serait alors acquittée des faits. Après les répliques, le jury devrait entamer sa délibération en milieu d'après-midi. L'arrêt motivé sur la culpabilité devrait tomber en début de soirée.