Les avocats des parties civiles ont critiqué mardi l'attitude de la défense au procès d'Abdelmajid Karrar devant la cour d'assises de Liège. Les avocats des victimes ont soutenu lors des répliques que la défense a présenté une argumentation vide sur le fond du dossier dans le but de jeter un voile de brouillard sur le procès. Au cours de la septième journée du procès d'Abdelmajid Karrar, accusé d'avoir assassiné ses enfants Waël et Yassine le 2 août 2013, les différentes parties du procès ont présenté leurs répliques avant l'envoi des jurés en délibération. Les parties civiles ont sévèrement critiqué l'attitude de la défense d'Abdelmajid Karrar, qui avait plaidé l'homicide involontaire sur la base d'une thèse accidentelle qui ne rencontre pas les éléments scientifiques des différentes expertises légales. Me Renaud Destexhe a qualifié l'intervention de l'avocat de l'accusé de beau morceau de rhétorique qui amène une argumentation totalement vide sur le fond du dossier. Selon l'avocat de la maman des deux enfants victimes, l'avocat de la défense a jeté un voile de brouillard et a plaidé à côté du dossier. Sur le fond, l'argumentation de la défense était vide. On aurait aimé connaître la densité de ce qui s'est passé le soir des faits. Mais les explications ont été nulles. Abdelmajid Karrar se reprocherait certaines choses mais on ne sait pas lesquelles. Son avocat a glissé sur ce problème de façon étonnante, a regretté Me Destexhe. Selon les parties civiles, la défense a oublié de rencontrer des éléments précis du dossier, comme la présence du sèche-cheveux dans a baignoire. Elle a même laissé entendre des choses plus désagréables et critiques à l'égard de la maman des enfants. On a prolongé ici la comédie la plus funeste qui soit, a regretté Me Destexhe. Me Isabelle Baldo a également déploré la manière dont la défense a attaqué l'enquête et les expertises. Elle a souligné des omissions importantes de la défense sur les éléments concernant les faits, notamment au sujet de SMS critiques pour Abdelmajid Karrar. Pour le ministère public, l'avocate générale Marianne Lejeune a insisté sur la préméditation des faits. Selon elle, Abdelmajid Karrar n'a pas supporté de perdre sa femme et a ruminé son processus criminel. Il a préféré tout perdre et régler son problème en faisant souffrir sa femme, a-t-elle soutenu. L'accusation a rappelé que les enfants sont morts d'électrocution et pas de noyade, comme l'avait soutenu la défense. Il a commis l'exécution parfaite de ses enfants, a lancé l'avocat général. L'avocat de la défense, Me Balaes, a encore critiqué l'instruction, la méthodologie des experts et les rapports établis à charge de l'accusé avant d'affirmer qu'il subsiste des doutes en faveur de son client. Je suis exténué par la douleur mais je n'ai pas tué mes enfants, a soutenu l'accusé lors de ses dernières explications. L'arrêt motivé sur la culpabilité est attendu en cours d'après-midi.