Les experts psychologues et psychiatres ont estimé mercredi devant la cour d'assises de Liège que les faits commis par Jean-Marc Caron peuvent s'expliquer par sa faible résistance à la frustration. Après sa rupture avec Jennifer Lechanteur, il n'avait pas supporté de ne plus être le maître du jeu. Jean-Marc Caron avait tué son ex-compagne Jennifer Lechanteur le 24 juillet 2012 vers 9h, rue des Tilleuls à Flémalle. La victime, âgée de 26 ans, avait été frappée de sept coups de couteau, dont un au thorax, qui lui a été fatal. L'expert psychologue Serge Garcet a décrit la personnalité de Jean-Marc Caron comme dyssociale et antisociale. L'accusé, indifférent aux sentiments d'autrui, présente une faible résistance à la frustration et peut rapidement décharger son agressivité. Le psychologue a estimé qu'il avait commis les faits parce qu'il n'avait pas supporté l'idée de ne pas être le maître du jeu et d'être tenu à distance par son ex-compagne. Jean-Marc Caron ne présente pas de remords ou d'émotion particulière par rapport au décès de celle-ci. Selon le psychiatre Walter Denys, la rage et le refus de se voir supplanté dans sa relation avec son amie ont joué un grand rôle dans la commission des faits. Son amour propre a été bafoué. Sa hargne, le jour des faits, s'adressait plus spécifiquement à l'égard du nouveau compagnon de Jennifer Lechanteur qu'à elle-même. Des témoins ont évoqué le contexte délicat de la relation entre Jean-Marc Caron et Jennifer Lechanteur. Parents de deux enfants, ils étaient séparés. Jean-Marc Caron appréciait sa fille mais il pensait qu'il n'était pas le père de son garçon et s'en était détaché. Il aurait même comparé son fils à un bâtard. Jennifer Lechanteur s'était confiée à une tante sur la qualité de sa relation. A plusieurs reprises, elle a tenté de sauver son couple. Un an avant les faits, elle était partie en vacances avec Caron et était revenue confiante. Mais la relation s'était ensuite dégradée. Selon la tante, Jennifer Lechanteur se sentait menacée par Jean-Marc Caron. Elle l'avait décrit comme un homme au double visage, capable d'être très gentil ou d'exploser subitement. Pour cette raison, il arrivait à Jennifer Lechanteur de se barricader chez elle car elle avait peur de lui. Caron aurait prononcé des menaces précises quelques jours avant les faits. Je vais la crever, avait-il dit à une de ses connaissances. De son côté, la nouvelle compagne de Jean-Marc Caron a affirmé que Jennifer Lechanteur ne lui permettait pas de voir ses enfants de manière régulière. Selon ce témoin très proche de l'accusé, elle avait un mauvais caractère. Elle était également impulsive et n'aurait pas accepté que Caron noue une relation avec une autre fille. Dix jours avant les faits, Jean-Marc Caron s'était déjà présenté chez Jennifer Lechanteur pour voir ses enfants. En l'absence de celle-ci, il avait été reçu par la baby-sitter et avait tenu des proposmenaçants. Les derniers témoins seront entendus jeudi matin et évoqueront la personnalité de l'accusé.