L'enquête permettant d'expliquer l'assassinat de Corine Kupper, reproché à Jacques Bodet devant la cour d'assises de Liège, a permis mardi de constater que l'accusé est en contradiction avec ses propres déclarations. Bodet prétend qu'il n'était pas sur le lieu des faits, mais les enquêteurs ont relevé de nombreuses incohérences dans ses propos. Les enquêteurs ont terminé mardi leur exposé relatif aux investigations menées pour expliquer le décès de Corine Kupper, survenu à Waimes le samedi 3 octobre 2009. Jacques Bodet est accusé de l'avoir assassinée. Plusieurs éléments de l'enquête ont démontré que le quinquagénaire n'est pas apparu sincère dans ses explications. C'est le cas de la téléphonie qui a démontré l'attitude suspecte de l'accusé qui n'a pas répondu aux appels de sa compagne et qu'il s'était rendu de sa propre initiative sur le lieu des faits avant la découverte du cadavre. Les enquêteurs ont également mis en évidence que Jacques Bodet a menti sur des blessures aux talons qu'il prétend s'être occasionnées lors d'une chute dans un escalier. Des analyses médicales démontreraient que l'accusé s'est blessé lors de la scène fatale à la victime en sautant d'une mezzanine au départ de laquelle il a procédé à la pendaison de la victime. Des éléments de préméditation ont également été récoltés par les enquêteurs. Jacques Bodet s'était fait prêter une cagoule quelques jours avant les faits. Il avait également simulé un accident de travail sept jours plus tôt. L'hypothèse des enquêteurs est qu'il s'était dégagé un temps libre pour préparer la mort de Corine. L'audition filmée, projetée en audience, montre que Jacques Bodet était très énervé en évoquant ces sujets avec les enquêteurs. Jacques Bodet, mis en contradiction sur de nombreux points par l'exposé des enquêteurs et par le président Gérard, a été invité à s'exprimer sur la crédibilité qu'il accorde à cet exposé. Depuis le début, j'ai toujours dit que je n'étais pas sur place. Je prends l'enquête comme elle arrive, a commenté l'accusé. Le juge d'instruction Jamin a exposé devant les jurés que c'est un médecin légiste qui a émis les premiers doutes quant à la réalité d'un suicide concernant Corine Kupper. Différents éléments ont démontré que ce décès n'était pas volontaire. Les suspicions se sont directement orientées vers deux auteurs possibles. L'ex-petit ami de la victime a rapidement été mis hors de cause. Jacques Bodet a été placé sous mandat dans la nuit qui a suivi les faits et le juge d'instruction a privilégié la piste qui concernait son implication. Mais ce serait nous faire un mauvais procès de dire que nous avons fait de Bodet un auteur désigné. Nous avons instruit à charge et à décharge, sur base d'éléments qui nous ont orientés vers Bodet, a souligné le juge d'instruction. Le médecin légiste sera entendu mercredi. -Belga-