Jacques Bodet, un Waimerais de 53 ans, a contesté lundi, lors de son interrogatoire devant la cour d'assises de Liège, avoir commis l'assassinat de Corine Kupper. Malgré la présence de son ADN sur le cadavre de la victime et plusieurs éléments qui l'accablent, il a affirmé qu'il n'était pas présent sur les lieux. Lors de son interrogatoire par le président Dominique Gérard, l'accusé a évoqué sa première condamnation par la cour d'assises de Liège. En 1994, il a été condamné à une peine de 15 ans pour l'assassinat de son épouse. Après 13 années de détention, il a été libéré en 2007. Mais Jacques Bodet conteste toujours les faits pour lesquels il a été condamné. J'ai eu un accident de voiture du côté de Bullange le 25 janvier 1989. Mon véhicule est tombé dans un ravin lorsque j'ai évité une collision frontale. Pour une raison que j'ignore, je me suis retrouvé à l'extérieur de la voiture. Ma femme est décédée, brûlée dans le véhicule, a annoncé l'accusé. Lors de cette première affaire, comme dans le cas actuel, Jacques Bodet avait tenté de se disculper en sollicitant auprès d'une connaissance l'envoi d'une lettre anonyme. A l'époque, il avait accusé un magistrat du parquet d'Eupen d'avoir falsifié le dossier. J'ai des preuves accablantes contre le parquet d'Eupen. Je me suis battu pendant 13 ans pour prouver mon innocence, a-t-il répété lors de son interrogatoire. Jacques Bodet a détaillé sa rencontre avec Danielle Feyen, la mère de la victime. Ils avaient entamé une liaison alors que la dame était toujours mariée. Après le décès accidentel de l'époux légitime, Bodet prétend que sa compagne avait envisagé de vivre avec lui. Mais la fille de Danielle Feyen s'était opposée à cette relation. Après avoir vécu dans un kot, elle est revenue chez sa mère et cela a perturbé notre relation. Je ne savais dès lors plus aller chez Danielle quand je voulais, a confirmé l'accusé. L'accusé a nié les faits et a affirmé qu'il a vécu une journée normale le 3 octobre 2009. Jacques Bodet dit être surpris de la présence de son ADN sur le câble électrique retrouvé autour du cou de la victime et sur le talon de sa chaussure. Mais il affirme que des enquêteurs auraient placé son ADN sur la scène de crime. Il dit ne pas comprendre pourquoi des traces de lutte ont été retrouvées dans la maison. Je ne sais pas les expliquer, puisque je n'y étais pas, a-t-il dit. L'accusé a par contre avoué avoir sollicité l'envoi d'une lettre anonyme, dénonçant le petit ami de la victime, pour tenter de se disculper. J'ai entendu des policiers parler de ce garçon. Quand j'ai vu qu'on voulait m'impliquer abusivement dans ces faits, j'ai rédigé cette lettre anonyme, a précisé l'accusé. Jacques Bodet a aussi évoqué une enquête secrète orientée contre lui par les enquêteurs. La journée de mardi sera exclusivement consacrée aux auditions des enquêteurs.