Jacqueline Romarin, une Sérésienne âgée de 44 ans accusée de l'assassinat de son enfant de 21 mois, a reconnu lundi lors de l'ouverture de son procès devant la cour d'assises de Liège qu'elle avait souhaité la mort de son fils et qu'elle l'avait volontairement privé de nourriture. Elle a formulé des aveux complets sur sa responsabilité. Emmanuel Romarin, un petit garçon âgé de 21 mois, était décédé la nuit du 7 au 8 avril 2008 au domicile de ses parents à Angleur. L'autopsie de la victime avait démontré que l'enfant souffrait de déshydratation et de malnutrition. Jacqueline Romarin, la maman, se serait désintéressée de son enfant et aurait prémédité sa mort en arrêtant de lenourrir. Lors de l'ouverture des débats, l'avocat général Pascale Schils a procédé à la lecture de son acte d'accusation dans lequel elle a résumé le contexte des faits et les éléments du dossier reprochés à l'accusée. L'avocat général a précisé dans cet acte d'accusation que plusieurs personnes dépendant des services d'aide avaient initialement été inculpées dans ce dossier. Le juge d'instruction avait inculpé un médecin de l'Office de la Naissance et de l'Enfance et deux infirmières sociales de non-assistance à personne en danger. Deux délégués et une conseillère du Service de l'aide à la Jeunesse avaient également été inculpés. La chambre des mises en accusation avait constaté des carences dans la coordination entre le SAJ et l'ONE et de la négligence dans le chef du SAJ. Mais cette instance judiciaire avait également constaté que ces intervenants ne pouvaient imaginer qu'ils avaient à faire à une mère susceptible de laisser son enfant mourir de faim et qui faisait tout pour masquer la réalité. Tous ces intervenants ont obtenu le non-lieu devant la chambre des mises en accusation.Lors de son interrogatoire par le président Philippe Gorlé, Jacqueline Romarin a détaillé les différentes étapes de sa vie. Elle est née à Johannesbourg, en Afrique du Sud, et est arrivée à l'âge d'un an en Belgique. Elle a vécu avec l'impression de manquer de la tendresse de ses parents et a souffert d'un sentiment d'abandon. En 1998, elle a rencontré Joël Quoirin et elle a donné naissance à 4 enfants. Emmanuel, le dernier, n'était pas un enfant désiré.Jacqueline Romarin a reconnu qu'elle avait perdu l'instinct maternel envers son quatrième enfant. Elle n'était pas une mère investie. Les services de SOS enfants avaient émis des craintes au sujet de l'affection qu'elle ne prodiguait pas au jeune Emmanuel. J'étais dépassée. L'idée de sa mort m'a traversé l'esprit, a-t-elle reconnu.L'accusée, en aveux, a reconnu qu'elle a volontairement diminué le nombre debiberons qu'elle donnait à son enfant en pleine croissance pour passer en quelques mois de 8 à 4 biberons de lait coupés avec de l'eau. Elle ne répondait plus aux sollicitations de l'ONE. J'ai décidé de ne plus le nourrir en suffisance et de ne plus me rendre aux consultations de l'ONE, a reconnu l'accusée.Entre décembre 2007 et avril 2008, l'enfant n'a plus été présenté à aucune consultation médicale et n'a plus reçu de soins prescrits par des médecins. Jacqueline Romarin n'a plus donné suite aux convocations de l'ONE et du SAJ. Elle s'attendait au décès imminent de son enfant. Jacqueline Romarin a affirmé qu'elle ne se souvient plus de sa réaction et de ses émotions lorsqu'elle a découvert son enfant mort au matin du 8 avril 2008. Les enquêteurs et le médecin légiste seront entendus lundi après-midi. - belga-