Les juges d'instruction ont confirmé mardi devant la cour d'assises de Liège qu'il existait des tensions extrêmes entre Yves Hody et Manuel Maroquin dans les heures qui ont précédé les tirs de François Toussaint. François Toussaint est accusé d'avoir abattu Manuel Maroquin de deux balles dans la tête le 8 mars 2005 vers 2h27 à Xhendremael . Manuel Maroquin avait été tué alors qu'il quittait son domicile au volant de sa voiture. Les juges d'instruction Danielle Reynders et Christelle Michaux ont synthétisé l'ensemble des devoirs réalisés lors de l'enquête. Elles ont révélé les circonstances de la découverte du corps de Manuel Maroquin, qui se trouvait toujours au volant de sa voiture et présentait deux impacts de balle sur le côté gauche de la tête. Sa compagne avait précisé qu'il avait été intrigué, cette nuit-là, par les passages répétés d'un véhicule devant son habitation. Un contexte de tensions entre Yves Hody et Manuel Maroquin a été mis à jour par les enquêteurs. Dans le cadre d'un chantier de démolition et de réaffectation d'une ancienne usine, un conflit était né entre Yves Hody, son associé et Manuel Maroquin qui avait pris le contrôle du chantier et en avait interdit l'accès. La veille des faits, Manuel Maroquin avait tenté d'appeler Yves Hody à 22 reprises, et déposé 15 messages sur son GSM. Il était aussi parvenu à le joindre à 6 reprises. Yves Hody, stressé face à la menace, avait sollicité l'aide urgente de son équipe de protection. C'est donc dans ce contexte particulier que François Toussaint était intervenu avec son équipe et avait tiré à deux reprises sur Manuel Maroquin. L'expert en balistique José Serrano a confirmé que Manuel Maroquin avait été abattu de deux tirs concentrés effectués à courte distance et qui ont traversé le crâne. Les trajectoires étaient orientées de gauche vers la droite. Le premier projectile a emprunté une trajectoire descendante dans le crâne. Le second a réalisé une trajectoire légèrement montante, qui correspond au basculement du crâne vers la droite entre les deux tirs. L'arme utilisée était d'un calibre 9 mm. Le médecin légiste Philippe Van Parijs a confirmé que les deux projectiles ont occasionné des dégâts très importants en traversant le cerveau de la victime. Un de ces projectiles a également atteint le genou d'Hugues Dewit qui était présent dans la trajectoire après avoir pénétré dans l'habitacle pour retirer les clés du véhicule et empêcher Manuel Maroquin de prendre la fuite. Manuel Maroquin détenait une arme lorsqu'il a été abattu la nuit des faits. Cette arme avait été retirée de la voiture par son épouse avant l'arrivée des secours et des enquêteurs. Des analyses pratiquées sur cette arme ont révélé qu'elle présentait des traces de sang humain. Aucune identification n'a par contre été réalisée sur base de ces prélèvements. Selon un expert de l'INCC, elle n'a pas été utilisée dans le cadre d'autres faits. Les experts psychiatres et psychologues ainsi que l'épouse de Manuel Maroquin seront entendus mardi après-midi.