Des témoins ont décrit mercredi devant la cour d'assises de Liège le contexte de tensions qui existait entre Yves Hody et Manuel Maroquin. François Toussaint, accusé d'avoir assassiné Manuel Maroquin, est intervenu alors que les deux hommes étaient divisés au sujet de leur projet industriel. Manuel Maroquin aurait mis la pression, Yves Hody aurait pris peur et François Toussaint serait intervenu en urgence dans ce contexte très tendu. François Toussaint est accusé d'être celui qui avait abattu Manuel Maroquin de deux balles dans la tête le 8 mars 2005 à Xhendremael . Manuel Maroquin avait été tué alors qu'il quittait son domicile au volant de sa voiture. François Toussaint est suspecté d'avoir exécuté un contrat commandité par Yves Hody. Le conflit qui opposait Yves Hody et Manuel Maroquin était né autour d'un projet industriel à Engis. Sur un terrain appartenant à la société SGL Carbone se trouvait une usine spécialisée dans la confection d'électrodes en graphite. Cette usine avait abandonné une partie de ses bâtiments à la suite de restructurations. Elle devait être démantelée car les lieux présentaient un caractère dangereux. Le projet initial consistait à installer une usine de minéralisation de déchets. Yves Hody avait été intégré à ce projet, présenté au promoteur par Manuel Maroquin. Une société devait voir le jour. Un troisième homme devait participer au projet en apportant des fonds. Dans l'attente de la constitution de la société, les intervenants agissaient sous un régime de confiance mutuelle. Le nettoyage du site devait dégager des recettes. Mais Yves Hody, qui semblait piloter l'ensemble du projet, aurait entamé le démantèlement de manière sauvage et fait naître des tensions en évacuant des métaux à son profit. Manuel Maroquin avait décidé d'intervenir pour sauver le projet en bloquant le site à la demande du promoteur et en instaurant une surveillance sur Yves Hody. C'est dans ce contexte que différentes menaces auraient été proférées et que des tensions sont nées entre Hody et Maroquin. Un des hommes de Manuel Maroquin a confirmé à l'audience qu'une surveillance du site avait été instaurée. La compagne d'Yves Hody a pour sa part rapporté l'attitude menaçante de Manuel Maroquin. Celui-ci insistait pour rencontrer Yves Hody, lequel était de plus en plus méfiant. La famille d'Yves Hody était paniquée face à cette situation car Manuel Maroquin s'était même présenté devant chez lui accompagné d'un de ses amis. C'est pour cette raison qu'Yves Hody, apeuré, aurait fait appel à son équipe de protection. Ce moment de panique est un instant clé du dossier. En voyant Yves Hody, sa compagne et leur enfant aussi paniqués, cela m'a affecté et cela a précipité ma réaction, a précisé François Toussaint. La matinée de cette troisième journée de procès a été perturbée par quelques incidents. En raison d'actions syndicales, le début d'audience a été retardé pour permettre à un service de police de véhiculer un membre du jury. L'audience a également été perturbée par l'absence des huissiers car personne n'est parvenu à mettre en marche le système de sonorisation de la salle d'audience. Les débats pourraient également prendre du retard en raison de plusieurs demandes formulées par les jurés. Les comparutions d'Yves Hody, Hugues Dewit et Olivier P. ont déjà été ordonnées par la présidente. Mais les jurés ont également réclamé, 10 ans après les faits, une prise d'empreintes sur l'arme de Manuel Maroquin et une analyse ADN du sang retrouvé sur cette arme.