Un expert en toxicologie a confirmé mardi devant la cour d'assises de Liège que les enfants d'Abdelmajid Karrar avaient consommé un somnifère réservé aux adultes dans l'heure qui a précédé leur décès. Abdelmajid Karrar est suspecté de les avoir drogués avant de les électrocuter en plongeant un sèche-cheveux dans leur bain. Abdelmajid Karrar est accusé d'avoir assassiné ses deux enfants, Waël et Yassine, âgés de 3 ans et de 5 ans, le 2 août 2013 à Chênée . Des analyses de sang et de contenu gastrique ont été réalisées sur les enfants par la toxicologue Corinne Charlier. Ces analyses ont démontré que les enfants avaient ingéré du Lormétazépam juste avant les faits. Ce médicament qui a les propriétés d'un somnifère était présent dans le sang des victimes à une concentration de 9 microgrammes par litre. Selon l'expert, il s'agit d'une dose thérapeutique normale pour un adulte. Mais ce médicament n'est jamais prescrit à des enfants. Un comprimé dont la digestion n'était pas terminée a été retrouvé dans chaque contenu gastrique. Cela signifie, selon l'expert en toxicologie, que les enfants d'Abdelmajid Karrar ont absorbé un comprimé de Lormétazépam dans l'heure qui a précédé leur décès. L'accusé, qui aurait essayé de se suicider, avait absorbé une très grande quantité de médicaments le soir des faits. Un expert en toxicologie a indiqué que les concentrations de ces médicaments étaient élevées et nettement supérieures aux doses thérapeutiques. Le professeur Corinne Charlier a indiqué que des concentrations de trois benzodiazépines et d'un neuroleptique ont été retrouvées dans le sang de l'accusé. Abdelmajid Karrar présentait aussi des traces de dégradation de cannabis mais il n'était pas sous influence au moment des faits. Un conseiller technique engagé par la défense a remis en cause toutes les expertises réalisées dans le dossier. Il a parlé d'erreurs réalisées dans la pratique de l'autopsie et d'hésitations majeures de la part des légistes dans leur raisonnement afin de déterminer la cause du décès. Ce médecin, qui a travaillé uniquement sur base des rapports écrits des experts officiellement désignés lors de l'enquête, a soutenu qu'il n'a pas décelé de signe d'électrocution sur les victimes. Il a affirmé qu'il existe des arguments pour retenir d'abord la thèse de l'asphyxie et de la noyade. Selon ce conseiller technique, les experts auraient émis à tort une hypothèse qu'ils auraient ensuite refusé de remettre en question. Un expert électricien a confirmé que l'installation électrique de l'habitation d'Abdelmajid Karrar a permis le mécanisme d'électrocution. Cette électrocution a été provoquée par un sèche-cheveux qui avait été raccordé à une allonge électrique et plongé dans le bain des enfants. Les dispositifs de sécurité n'ont pas fonctionné car l'allonge électrique a été branchée sur une prise de la cuisine, non reliée à la terre, contrairement aux prises de la salle de bains. Les auditions des témoins reprendront mercredi.