Les parties civiles ont présenté jeudi matin devant la cour d'assises de Liège leurs plaidoiries au procès de Raphaël Wargnies. Les avocats ont insisté sur la vengeance aveugle appliquée par Raphaël Wargnies et sur le fait que Jacques Kotnik a été tué en raison de sa différence. Raphaël Wargnies, un Malmédien de 36 ans, avait tué Jacques Kotnik de six coups de marteau le 25 juillet 2012 dans le Parc d'Avroy à Liège. L'accusé avait affirmé qu'il s'était vengé des homosexuels en agressant l'un d'eux au hasard. Raphaël Wargnies est le premier accusé à répondre des faits assortis de la circonstance aggravante d'homophobie devant une cour d'assises.Raphaël Wargnies est en aveux sur les faits. Il a reconnu avoir prémédité un homicide volontaire à caractère homophobe. Malgré ces aveux très clairs formulés par l'accusé dès le début de son procès, les parties civiles ont souhaité plaider longuement pour démontrer la culpabilité de l'accusé. Pour les proches de la victime, Me Valérie Chantry a rappelé le contexte des faits et a soutenu que Raphaël Wargnies a fait preuve d'acharnement sur la victime, lui portant même des coups de pied et de poing en plus des coups de marteau révélés par l'autopsie.Jacques Kotnik est une victime aléatoire de Raphaël Wargnies. Il a été sauvagement assassiné, parce qu'il était homosexuel et parce qu'il était une proie facile pour Raphaël Wargnies qui avait soif de vengeance. La solitude et la recherche d'affection de Jacques Kotnik l'ont conduit dans les griffes ouvertes de Raphaël Wargnies, a indiqué Me Chantry. Me Louisa Spadazzi a décrit la personnalité de l'accusé et l'a comparé à un démon et à un monstre qui perd le contrôle sous l'influence de l'alcool. Wargnies a appliqué une vengeance aveugle sur uninnocent. Il a posé un geste froid et sans émotion. Jacques Kotnik est mort à cause de son orientation sexuelle. Par son attitude à l'audience, Wargnies a aussi volé un procès serein à la famille de la victime. Il n'a aucun respect, a plaidé l'avocate. Le Centre Interfédéral pour l'Egalité de Chances est également partie civile au procès. Me Sandra Berbuto a souligné que la victime avait été tuée en raison de sa différence. L'avocate a analysé la portée de la circonstance aggravante qui, pour la première fois, est évoquée devant une cour d'assises. Lorsque le mobile d'un crime est la haine, l'hostilité ou le mépris d'un individu en raison de sa prétendue race, de sa nationalité ou encore de son orientation sexuelle, la circonstance aggravante peut être retenue et l'auteur doit être sanctionné d'une peine plus lourde. Raphaël Wargnies n'a pas attaqué un homme. Il a voulu exterminer l'homosexualité, a plaidé l'avocate. Pour l'Asbl Arc-en-Ciel, Me Giet et Me Giovanangelli ont insisté sur les déclarations de l'accusé qui a avoué avoir tué la victime parce qu'il était homosexuel. Ils ont évoqué la victime en termes de cible ou de proie, en soulignant que l'objectif de Raphaël Wargnies le jour des faits était de démolir un homosexuel. - belga -