La cour d'assises de Liège a entamé lundi matin par la lecture de l'acte d'accusation le procès d'Ilija Stevanovic, un gitan d'origine yougoslave âgé de 61 ans. Cet homme est accusé du meurtre de son épouse commis en décembre 2004. Mais l'accusé fait défaut et il n'y a aucun avocat pour le représenter ou pour défendre les intérêts de la victime. Ilija Stevanovic est accusé d'avoir tué son épouse le 22 décembre 2004 vers 22 heurs. Mara Trajkovic, une dame âgée de 50 ans, avait été frappée de plusieurs coups extrêmement violents et laissée agonisante sur le bord de la route à Droixhe. Elle était décédée des suites d'une hémorragie abdominale après avoir été admise à l'hôpital de la Citadelle de Liège. Le procès se déroule en l'absence de l'accusé. Les enquêteurs ne sont jamais parvenus à le localiser et il a disparu depuis 2004. Le lendemain des faits, Ilija Stevanovic a été repéré à Liège puis à Anvers. Mais à partir du 23 décembre 2004, ses communications téléphoniques n'ont plus été localisées. Les informations de personnalité de l'accusé recueillies par les enquêteurs font état d'un homme dangereux et armé. A l'époque des faits, il était déjà recherché en Yougoslavie pour un meurtre et pour un homicide involontaire après un accident de roulage en 1996. Un signalement Interpol a été émis et des avis de recherche diffusés à travers les médias. Ilija Stevanovic se serait réfugié dans un pays de l'ex-Yougoslavie. Les autorités serbes ont refusé de le juger par défaut dans le cadre du présent dossier. C'est la raison pour laquelle il est jugé par défaut à Liège onze années après les faits. L'accusé n'est donc pas représenté par un avocat. Il n'y a pas non plus d'avocat pour représenter la victime ou ses proches. Les jurés devront donc rendre leur décision après avoir entendu les témoins et le réquisitoire de l'avocat général Laurence Maudoux. Lundi matin, après le désistement d'un des jurés effectifs pour cause de maladie, le procès a débuté dans une atmosphère très particulière. Il n'y avait que trois personnes qui composaient l'assistance dans la salle d'audience pour assister à la lecture de l'acte d'accusation de l'avocat général. Le ministère public a résumé dans cet acte d'accusation l'ensemble des faits reprochés à Ilija Stevanovic. Laurence Maudoux a notamment évoqué les témoignages de proches de la victime qui avaient décrit le climat de peur qui existait dans la famille après les faits. Ces témoins avaient dénoncé Ilija Stevanovic pour avoir tué son épouse après l'avoir battue à mort. Les témoins rapportaient aussi qu'Ilija Stevanovic avait pour habitude de battre sa femme. Trente-deux témoins, dont les enquêteurs et les légistes, doivent être entendus au cours du procès. Les débats sont initialement prévus sur trois journées. Mais de nombreuses personnes convoquées font partie du milieu gitan, dans l'entourage de l'accusé et de la victime. Plusieurs de ces témoins résident à l'étranger ou n'ont plus d'adresse connue. La journée de mardi pourrait donc être limitée aux auditions d'une poignée de témoins. En fonction de l'évolution des débats, le ministère public pourrait même présenter son réquisitoire mardi après-midi.