Des experts psychiatres et psychologues ont dressé mardi devant la cour d'assises de Liège un portrait de Samuel Weertz. Ce Liégeois de 21 ans, accusé d'avoir assassiné la Stavelotaine Alicia Damoiseaux, a été décrit avec une personnalité narcissique. Samuel Weertz attendait des femmes qu'elles soient parfaites, morales et pures. Déçu par Alicia Damoiseaux, il l'aurait rejetée comme un simple objet. Alicia Damoiseaux avait disparu le 21 août 2010 après avoir passé une partie de la nuit dans le « carré de Liège. La jeune Stavelotaine avait été retrouvée morte le lendemain dans la cave de l'immeuble où Samuel Weertz était locataire d'un appartement. L'autopsie avait démontré qu'elle avait été étranglée après avoir reçu plusieurs coups violents. Le psychiatre Schouteden et le psychologue Fonteneau ont évalué la personnalité de Samuel Weertz. Ils ont relevé que l'accusé a vécu une enfance correcte et normale, même s'il n'a pas connu son père. Samuel Weertz souhaitait devenir éducateur. Son adolescence a été marquée par des consommations d'alcool, de cannabis et de cocaïne. L'accusé a précisé lors de ses rencontres avec les experts qu'il avait besoin de cela pour se sentir mieux. Samuel Weertz ne présente pas d'instabilité mentale. Il est doté d'une intelligence normale, avec un QI évalué à 85, et n'est pas incapable du contrôle de ses actes. Selon le psychologue, il souffre néanmoins d'un déficit d'ajustement social et d'une personnalité immature. L'expert psychologue a évoqué au sujet de Samuel Weertz un état de malaise psychique, un sentiment d'impuissance et une estime de lui négative. Cet expert estime que Samuel Weertz présente principalement une personnalité narcissique. Cette personnalité a également été évaluée dans le contexte des faits. Selon l'expert, Samuel Weertz s'est senti souillé lorsqu'il a appris qu'Alicia Damoiseaux était en couple. Il a estimé qu'Alicia était immorale et impure. Elle est devenue comme un objet qu'il pouvait mépriser, car elle avait perdu ses valeurs morales. Samuel Weertz attend des qualités et des valeurs de ses compagnes. Quand elles le déçoivent, il les quitte brutalement et elles doivent sortir de sa vie. L'autre est idéalisée, puis rapidement dévalorisée, a analysé le psychologue. Selon l'analyse de cet expert, Alicia Damoiseaux aurait été considérée comme un objet aux yeux de Samuel Weertz. Dès qu'une femme le déçoit, elle perd à ses yeux son statut humain. Elle devient un objet tandis qu'il devient insensible. Dès qu'il est déçu d'une personne, il ne veut plus en entendre parler. Ce mécanisme s'est répété avec Alicia Damoiseaux quand Samuel Weertz a ressenti un sentiment de souillure narcissique. Il ne voulait pas entendre parler de la position de cocufiant qu'elle lui faisait endosser. Il s'est senti souillé car elle lui a renvoyé une image négative de lui, a encore précisé le psychologue. Samuel Weertz plaçait la barre haut avec les femmes. Il attendait d'elles qu'elles soient parfaites, qu'elles présentent des valeurs morales et qu'elles soient pures. Mais si une de ces valeurs n'était plus remplie, la femme pouvait à ses yeux devenir un objet auquel il n'accorde plus de considération.