La cour d'assises de Liège a constitué mercredi un jury composé de huit femmes et quatre hommes en vue de juger Motahir Muhammod, un Bangladais de 48 ans accusé de l'assassinat de son épouse. L'accusé, un demandeur d'asile installé dans un centre pour réfugiés de Noncevaux, avait tranché la gorge de son épouse âgée de 28 ans. Les débats au fond débuteront lundi à 09H00. Motahir Muhammod et son épouse Shifa Begum étaient hébergés dans un centre pour réfugiés de la Croix-Rouge à Noncevaux . Ils étaient arrivés en Belgique sous une fausse identité et avec leurs trois enfants en mai 2012. Ce couple, formé lors d'un mariage arrangé en 2003 au Bangladesh, réclamait l'asile. La nuit du 27 au 28 juillet 2012, Shifa Begum avait été retrouvée morte dans son lit, la gorge tranchée, alors que ses enfants dormaient à ses côtés. Motahir Muhammod soutenait qu'elle avait été victime de l'agression nocturne de deux personnes. Motahir Muhammod prétendait avoir été blessé par un de ses agresseurs. Il avait même dénoncé les agresseurs parmi les autres occupants du centre. L'enquête n'avait pas confirmé ses accusations. Différents éléments ont convergé pour démontrer l'implication de Motahir Muhammod dans l'assassinat de son épouse. C'était notamment le cas avec l'ADN retrouvé sur le manche d'un couteau brisé et avec les traces de sang retrouvées uniquement sur les vêtements de Motahir Muhammod. Motahir Muhammod a toujours nié les faits. L'accusé ne s'est donc jamais exprimé sur les raisons qui l'ont conduit à tuer son épouse. Certains témoins ont évoqué un contexte de violences conjugales. Le mobile du crime pourrait aussi reposer sur la situation dans laquelle se trouvait la famille. Motahir Muhammod aurait pu tuer son épouse dans l'espoir de bénéficier de la possibilité que l'Etat belge lui donne l'asile. Motahir Muhammod est accusé d'assassinat. Il sera défendu par Me Marc Nève et Me Sandra Berbuto. Les intérêts des parties civiles seront défendus par Me Benoît Lespire et Me Eric Libert. L'accusé ne parlant pas français, l'ensemble des débats fera l'objet d'une traduction dans sa langue. Le procès présidé par Tamara Konsek devrait durer 5 jours et débutera réellement lundi à 09H00 par la lecture de l'acte d'accusation de l'avocat général Laurence Maudoux. -Belga-