La cour d'assises de Liège a entendu mardi matin les répliques des différentes parties au procès de Mahfuza Bhuiyan et Raghbir Singh, tous deux accusés de l'assassinat d'Abu Shoyeb, un Bangladais de 27 ans. Le verdict sur la culpabilité est attendu en cours d'après-midi. Mahfuza Bhuiyan et son amant Raghbir Singh sont accusés d'avoir tué Abu Shoyeb, le mari de Mahfuza Bhuiyan, le 15 septembre 2011. Le corps de la victime avait été retrouvé calciné dans un champ de cerisiers dans la région de Tongres. Pour la partie civile, Me Lidakis a souligné lors de sa réplique que les versions présentées par les accusés manquent de crédit. Mahfuza Bhuiyan et Raghbir Singh ont tenté de décrédibiliser Abu Shoyeb pour lui donner une mauvaise image. Selon cet avocat, les deux accusés sont tous les deux coupables de son meurtre. Ils ont multiplié les versions depuis le début du procès dans le but de noyer le poisson dans un écran de fumée. L'avocat général Yves Dohen a contesté les versions des accusés et a considérés qu'ils étaient tous les deux impliqués dans un homicide volontaire. Il a rejeté les notions de contrainte irrésistible et d'excuse de provocation qui ont été exposées par la défense. La défense de Mahfuza Bhuiyan a rappelé que, dans la version dans laquelle elle s'accuse d'avoir commis les faits, elle a affirmé avoir été menacée par Abu Shoyeb. Face à des violences graves, elle a perdu le contrôle. Selon Me Montiel, Mahfuza Bhuiyan peut évoquer la contrainte irrésistible comme cause de justification. La défense a également évoqué la provocation comme cause d'excuse. Me Molders a souligné que Mahfuza Bhuiyan doit être condamnée pour le recel de cadavre. Mais cet avocat a soutenu que, malgré les aveux de sa cliente, il subsiste un doute important sur les raisons pour lesquelles elle s'accuse. Me Molders a souligné que sa version n'est pas crédible lorsqu'elle est confrontée aux constatations des experts. Rien ne démontrerait qu'elle a bien commis les faits. Mahfuza Bhuiyan devrait donc être acquittée du meurtre de son mari. La défense de Raghbir Singh, Me Swennen, a rappelé sa demande d'acquittement. Raghbir Singh, qui conteste l'homicide volontaire, reconnaît qu'il a transporté le cadavre mais son avocat affirme qu'il a commis ce fait sous l'impulsion d'une contrainte morale. Le jury devra répondre à un total de 8 questions. Il a entamé sa délibération en fin de matinée. L'arrêt motivé sur la culpabilité est attendu en fin d'après-midi