L'avocat général Yves Dohen a réclamé lundi devant la Cour d'assises de Liège la culpabilité de Mahfuza Bhuiyan et de Raghbir Singh pour les faits relatifs à l'assassinat d'un Bangladais de 27 ans. Pour l'accusation, les deux accusés ont bien participé à la mise à mort d'Abu Shoyeb. Mahfuza Bhuiyan et son amant Raghbir Singh sont accusés d'avoir tué Abu Shoyeb, le mari de Mahfuza Bhuiyan, le 15 septembre 2011. Le corps de la victime avait été retrouvé calciné dans un champ de cerisiers dans la région de Tongres. Mahfuza Bhuiyan était mariée à Abu Shoyeb mais l'avocat général Yves Dohen affirme qu'elle n'était pas éperdument amoureuse de lui. Un rapport médical démontre que, lorsqu'elle était installée en Belgique loin de lui, elle entretenait des relations sexuelles avec un autre homme. Mahfuza Bhuiyan a fait venir Abu Shoyeb en Belgique au mois de juin 2011. L'homme a été tué le 15 septembre 2011 vers 13h. Le ministère public a souligné que c'est une véritable scène de boucherie qui s'est déroulée dans l'appartement de Mahfuza Bhuiyan. Abu Shoyeb a d'abord été frappé de plusieurs coups de barre de fer. Puis, il a été égorgé et poignardé dans le coeur. Pendant les 10 heures qui ont suivi cette scène, la pièce a été nettoyée et le cadavre a été emballé en vue de son transport. C'est peu après minuit que Mahfuza Bhuiyan et Raghbir Singh ont acheté de l'essence en vue de mettre le feu au cadavre. L'avocat général a souligné que Mahfuza Bhuiyan a avoué l'homicide volontaire d'Abu Shoyeb et n'est jamais revenue sur ses aveux. Mais l'accusation conteste le fait que Mahfuza Bhuiyan aurait commis cet homicide pour se défendre d'une agression ou pour se venger d'avoir été trompée. Yves Dohen affirme aussi que Mahfuza Bhuiyan ne peut pas avoir commis les faits seule. La scène était dynamique. Mahfuza Bhuiyan, d'un petit gabarit, ne peut pas avoir paré les coups, désarmé son mari et l'avoir assommé et frappé sans avoir reçu l'aide d'un second auteur. Selon l'avocat général, Raghbir Singh est impliqué dans la scène d'homicide. Plusieurs éléments démontrent qu'il était sur place et qu'il a commis les faits avec Mahfuza Bhuiyan. Avant ce réquisitoire, la partie civile avait réclamé la culpabilité des deux accusés. Me Lidakis a souligné l'incohérence des différentes versions proposées par Mahfuza Bhuiyan et Raghbir Singh. Selon l'avocat, les accusés se sont perdus dans diverses versions mensongères pour tenter de se justifier. Me Lidakis a affirmé que les deux accusés se sont acharnés lors de la mise à mort d'Abu Shoyeb. Les avocats de la défense plaideront ce lundi après-midi.