Un fonctionnaire de la Sûreté de l'Etat a confirmé jeudi devant la cour d'assises de Liège que différents rapports ont été réalisés pour évaluer la personnalité de François Toussaint. L'homme était considéré à l'époque comme un individu dangereux en raison de ses aptitudes au combat et de ses activités de formations paramilitaires. François Toussaint est accusé d'être celui qui avait abattu Manuel Maroquin de deux balles dans la tête le 8 mars 2005 à Xhendremael . Manuel Maroquin avait été tué alors qu'il quittait son domicile au volant de sa voiture. La Sûreté de l'Etat avait investigué sur la personnalité de François Toussaint. Des rapports relatifs à ses activités ont été réalisés en 2002 et 2006, relatifs notamment à ses activités dans les milieux congolais. Ces rapports déclassifiés ont été révélés en audience publique. François Toussaint avait créé en Afrique un parti politique en 1999. Il s'agissait du R11 , un parti qui était opposé à Laurent Désiré Kabila. Son mouvement est tombé en léthargie. Vers 2002, il avait constitué en Belgique un groupe entraîné capable de réaliser des missions violentes. La Sûreté de l'Etat avait relevé que François Toussaint affirmait avoir été formé à la sécurité par une agence américaine. Il disait également qu'il avait participé à la formation de certains services du FBI et de policiers à Schaerbeek. Dans les rapports, François Toussaint est décrit comme rusé, manipulateur, charismatique et très dangereux en raison de ses aptitudes au combat. Il est spécialisé dans les arts martiaux et a développé des activités de mercenaire en Afrique et plus spécialement au Congo. Sur base d'informations recueillies dans le quartier de la porte de Namur à Bruxelles, l'homme réalisait des formations paramilitaires, dont les activités étaient dirigées contre des personnalités congolaises vivant en Belgique. En 2005, François Toussaint avait publié une annonce dans un journal précisant qu'il dispensait des formations de close protection. Une vingtaine de personnes aurait été recrutée pour recevoir des cours à Welkenraedt. Il s'agissait principalement d'individus d'origine africaine, actifs comme chefs de bande urbaines ou comme videurs dans des boîtes de nuit. Des témoins ont de nouveau évoqué le projet industriel dans lequel s'était engagé Yves Hody. Outre la démolition de l'usine en place et le recyclage des métaux, le projet consistait à installer une entreprise de minéralisation de déchets. Jean Vieslet, l'associé d'Yves Hody, avait imaginé une méthode qui permettait de transformer les déchets ménagers en structures minérales. La technique aurait été capable de neutraliser l'agent prion dans les farines animales. En pleine crise de la vache folle, ces techniques avaient été présentées à un professeur et à un biochimiste de l'université de Liège. La technique pouvait être intéressante. Mais Jean Vieslet avait besoin de financement pour installer sa grosse structure de transformation. L'installation de la structure n'a jamais vu le jour. Cette phase devait suivre le démantèlement du site. C'est Yves Hody qui avait pris en charge la déconstruction de l'usine et dirigeait les opérations. Selon un recycleur de métaux, Yves Hody avait déjà évacué en 19 jours environ 300 tonnes de ferrailles et encaissé les chèques pour un total de 88.736 euros.