L'avocat général Marianne Lejeune a requis vendredi matin devant la Cour d'assises de Liège la peine de réclusion criminelle à perpétuité contre Raphaël Wargnies, un Malmédien de 36 ans reconnu coupable d'un assassinat à caractère homophobe. La défense a réclamé une peine qui laisserait un espoir à Raphaël Wargnies. Raphaël Wargnies avait tué Jacques Kotnik de six coups de marteau le 25 juillet 2012 dans le Parc d'Avroy à Liège. L'accusé avait affirmé qu'il s'était vengé des homosexuels en agressant l'un d'eux après l'avoir choisi au hasard. Raphaël Wargnies était le premier accusé à répondre des faits assortis de la circonstance aggravante d'homophobie devant une Cour d'assises. Jeudi soir, il avait été reconnu coupable d'assassinat avec la circonstance aggravante d'homophobie et de deux faits de port d'arme. Après ce verdict de culpabilité, le ministère public a rappelé vendredi matin l'horreur des faits commis par Raphaël Wargnies ainsi que le comportement qu'il a adopté lors de son procès. L'avocat général considère que des circonstances atténuantes ne peuvent être retenues malgré le parcours de vie qu'il a décrit durant le procès. Marianne Lejeune a souligné que Raphaël Wargnies a massacré Jacques Kotnik avec une violence effroyable, en faisant preuve de détermination et sans manifester le moindre respect pour sa victime. Raphaël Wargnies n'a montré que du mépris pour sa victime. Il n'a pas montré de regret, il n'a pas adressé la moindre demande de pardon et n'a fait aucun geste envers les familles de la victime, a souligne l'avocat général. Pour l'avocat général, Raphaël Wargnies présente un caractère antisocial et dyssocial. Il a reçu, par le passé, différentes mises en garde de la justice et n'en a pas tenu compte. Marianne Lejeune rejette les circonstances atténuantes éventuelles et réclame la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Si le jury devait retenir des circonstances atténuantes, elle lui demande de ne pas descendre en dessous d'une peine de 28 ans de réclusion criminelle. A l'inverse de l'avocat général, la défense de Raphaël Wargnies a évoqué des circonstances atténuantes afin de tenter de faire baisser le taux de la peine. Le psychiatre avait déjà relevé une légère atténuation de responsabilité en raison d'une jeunesse malheureuse et marquée par une initiation à l'alcool dès l'âge de 9 ans par sa grand-mère. Selon Me Reynders et Me Roumans, Raphaël Wargnies ne doit pas être résumé à l'acte qu'il a commis le 25 juillet 2012. Il doit conserver un espoir. La défense a estimé qu'une peine de 20 ans serait une sanction juste. L'arrêt sur la peine est attendu en fin de matinée ou en tout début d'après-midi. - BELGA -