La défense d'Hugues Dewit a plaidé mercredi matin son acquittement devant la cour d'assises de Liège au procès des individus accusés de l'assassinat de Manuel Maroquin. Dewit aurait effectué une mission de protection, sans savoir que Manuel Maroquin allait perdre la vie sous les coups de feu de François Toussaint. Manuel Maroquin avait été abattu de deux balles dans la tête alors qu'il quittait son domicile la nuit du 7 au 8 mars 2005 à Xhendremael . Yves Hody , François Toussaint , Olivier Pagnier et Hugues Dewit sont accusés d'avoir commandité les faits et d'avoir participé à l'exécution. Hugues Dewit a été présenté lors du réquisitoire de l'avocat général Catrice comme celui qui a accompagné en connaissance de cause François Toussaint lors de l'exécution de Manuel Maroquin. Il aurait fait partie d'un groupe de tueurs à gages chargés d'une mission pour éliminer la victime. La défense de Dewit a insisté sur sa personnalité de suiveur. Hugues Dewit rêvait de devenir un body guard. Fasciné par sa personnalité et son expérience, Hugues Dewit s'est laissé séduire par François Toussaint. A son contact, il est passé d'élève à instructeur. Pour expliquer sa participation à l'expédition de la nuit du 8 mars 2005, Me Libert a affirmé que Hugues Dewit était persuadé de faire de la protection. Toussaint ne l'avait pas éclairé sur les détails du contrat et il était persuadé qu'il devait protéger Yves Hody qui était menacé. Il était exécutant d'un contrat de body guard, aux ordres de celui qu'il appelait le 'Commandant'! Mais il ignorait que Manuel Maroquin allait être abattu. Le soir des faits, il était question de faire peur à Maroquin et de lui montrer que Yves Hody s'était doté d'une équipe de protecteurs, a indiqué l'avocat. Selon Me Libert, le dossier démontre que Manuel Maroquin s'est fait menaçant en mettant la pression sur Hody et en lui donnant 22 appels téléphoniques en un seul jour. Considérant que les adversaires de Hody étaient dangereux, ses protecteurs auraient décidé de se munir d'armes afin de répondre à une éventuelle attaque. Me Libert a affirmé qu'il ne faut pas y percevoir une intention criminelle. Il s'agissait uniquement d'exécuter un contrat de protection, a soutenu l'avocat. La défense a affirmé que la théorie d'un complot mis en place pour exécuter Manuel Maroquin est absurde. Ils n'ont pris aucune mesure de discrétion et se sont rendus sur place avec la voiture de Dewit qui suivait celle de Hody. Sur place, voyant Maroquin au volant de sa voiture, Dewit a instinctivement tenté d'arrêter le conducteur en criant 'police', tout en se présentant par la porte du passager pour s'emparer des clés du véhicule. Dans le même temps, François Toussaint a tiré sur Manuel Maroquin. Dewit, sur la trajectoire, a été blessé par un des tirs, a détaillé Me Libert. Sur base de cette analyse, la défense a contesté l'implication d'Hugues Dewit dans un fait d'assassinat et a plaidé son acquittement.