La défense de Samuel Weertz a plaidé vendredi les coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner devant la cour d'assises de Liège. Alors que l'accusation réclame une culpabilité pour des faits d'assassinat, les conseils de l'accusé affirment que leur client n'avait pas l'intention de donner la mort. L'avocat général Marianne Lejeune a requis une culpabilité d'assassinat contre Samuel Weertz lors de son réquisitoire prononcé devant la cour d'assises de Liège. Le ministère public s'est opposé à la thèse de la défense, qui invoque un décès d'Alicia Damoiseaux survenu de manière accidentelle le 21 août 2010. Selon l'avocat général, la scène qui a coûté la vie à Alicia Damoiseaux ne s'est pas déroulée dans les escaliers ou sur le palier de l'immeuble. Elle avait pour cadre l'appartement de Samuel Weertz, où les deux protagonistes avaient entretenu des relations sexuelles consenties. Pour l'avocat général, la scène violente s'est déroulée en deux phases. Il y a d'abord eu une scène de coups lorsque Alicia Damoiseaux a annoncé à Samuel Weertz qu'elle était en couple avec un autre homme. Samuel Weertz aurait fait un transfert et pensé à son ancienne copine. Il aurait alors voulu punir son ex-copine à travers l'image qu'il venait de recevoir d'Alicia Damoiseaux. Après avoir porté des coups, l'accusé a pris la décision de tuer Alicia Damoiseaux en l'étranglant. C'est dans l'espace de temps qui se situe entre ces deux parties de scènes que l'accusation place la préméditation des faits. Mme Lejeune a réclamé une culpabilité d'assassinat contre Samuel Weertz. Elle y a ajouté des faits relatifs à des actes de tortures et de traitements inhumains et dégradants. Il l'a condamnée à mort ! , a-t-elle précisé. Contrairement au planning initialement prévu par la cour, ce réquisitoire a bien eu lieu jeudi en cours de soirée. La défense de Samuel Weertz a affirmé que le décès d'Alicia Damoiseaux était accidentel. Samuel Weertz reconnaît avoir porté des coups qui ont causé involontairement la mort d'Alicia mais il conteste avoir commis un meurtre ainsi que la notion de préméditation. Me Marie-Madeleine Dubois a souligné que Samuel Weertz avait des notions idéalisées du couple. Lorsqu'il a appris qu'Alicia avait déjà un compagnon, il n'a pas supporté de se retrouver dans le rôle du cocufiant. La scène fatale à Alicia, horrible, a été très courte. Mais rien ne démontre sa volonté de tuer cette jeune fille, a affirmé la défense. Me Jean-Paul Reynders a contesté l'intention homicide dans le chef de Samuel Weertz. Selon cet avocat, les notions de préméditation et de tortures ont été ajoutées dans ce dossier dans le but de faire gonfler une éventuelle peine de prison, alors que le dossier répressif initial évoquait un meurtre. Mais la défense affirme que Samuel n'a jamais voulu tuer Alicia. Elle était une inconnue pour lui. C'est elle qui a flashé sur lui. Il a voulu lui rendre service, car elle voulait dormir chez lui. Après les relations sexuelles, il voulait qu'elle parte. Il ne souhaitait pas sa mort, a plaidé Me Reynders. Selon la défense, Samuel Weertz a commis des faits de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les différentes parties doivent encore répliquer avant l'envoi du jury en délibération.