La défense de Jacques Bodet a plaidé mercredi après-midi devant la Cour d'assises de Liège l'acquittement de leur client. Selon les avocats Mes Wynants et Heins, l'accusé doit être acquitté au bénéfice du doute. Les preuves matérielles de sa culpabilité ne seraient pas suffisantes, selon les avocats, pour faire de lui un coupable d'assassinat. Les avocats de Jacques Bodet, un Waimerais de 53 ans accusé de l'assassinat de Corine Kupper, ont réclamé aux jurés, dans le cadre de leur demande d'acquittement, une autre lecture du dossier répressif. Non, Jacques Bodet n'est pas un homme sympathique. Il ne manifeste pas beaucoup d'émotion et il ne peut s'empêcher d'évoquer continuellement sa première condamnation en Cour d'assises. Mais, même si le dossier regorge de pièges qui s'opposent à la présomption d'innocence, il ne faut pas le considérer comme un présumé coupable, a annoncé Me Wynants. L'avocat a évoqué les 13 années de détention de Bodet, les indices d'un changement d'attitude, une évolution dans son caractère et une motivation pour se réinsérer à l'issue de cette période. C'est à cette époque qu'il a retrouvé son amour d'enfance, Danielle Feyen, la maman de Corine Kupper. Me Wynants s'est dit convaincu qu'une vie de couple plus intime se construisait entre Jacques Bodet et Danielle Feyen. La défense a fait peser le doute sur la crédibilité des preuves matérielles retrouvées sur la scène de crime. Cette scène n'a pas été protégée de manière idéale à l'arrivée des policiers. Me Wynants a souligné que Jacques Bodet avait fréquenté les lieux bien avant les faits et qu'il a pu laisser les traces de son passage à ces occasions. C'est le cas de l'ADN, des cheveux et des poils. Selon l'avocat, ces éléments matériels peuvent se justifier en raison d'un transfert ou d'une contamination antérieure. Si la scène de lutte était aussi intense qu'on l'a dit, comment se fait-il que l'on a retrouvé aussi peu d'indice appartenant à Jacques Bodet ? , s'est demandé Me Wynants. Me Heins a présenté une ligne du temps qui a pris en compte les activités supposées de Jacques Bodet durant la journée du 3 octobre 2009. L'avocat a épinglé quelques éléments qui, selon lui, permettent de douter de l'implication de son client dans les faits. La délibération sur la culpabilité débutera jeudi matin