La défense de Bernardo Sanchez a plaidé mardi après-midi devant la cour d'assises de Liège la thèse de l'homicide involontaire. Les avocats de l'accusé ont soutenu qu'il avait tué son épouse sous l'emprise de la colère et parce qu'il avait perdu le contrôle de ses actes. Ce Liégeois âgé de 49 ans avait étranglé son épouse Evelyn Tavarez le 24 juin 2010 à Kettenis. Mais Bernardo Sanchez a soutenu qu'il n'avait pas souhaité la mort de son épouse. Ses avocats ont replacé les faits dans le contexte d'une soirée d'érotisme au sein du couple qui a dégénéré. Selon Me Goretti De Sousa et Me Didier Grignard, une dispute a éclaté entre Bernardo Sanchez et son épouse en pleine nuit le 24 juin 2010. A cette occasion, Evelyn Tavarez aurait prononcé des insultes à l'égard de Bernardo Sanchez. Les avocats ont déclaré qu'elle avait traité Bernardo Sanchez de vieux, de gros ou de sexe chiffonné. Elle aurait ajouté, dans un élan de provocation, qu'elle avait transpiré trois jours et trois nuits avec un homme plus performant que lui. Bernardo Sanchez a reçu ces insultes en pleine figure et a eu envie de faire taire son épouse. Il s'est senti humilié et a été envahi d'un sentiment de castration. Sous l'effet de la colère, il a perdu la notion du temps et de contrôle de lui-même. C'est la seule explication crédible à donner à son geste, a affirmé Me De Sousa. La défense a soutenu que Bernardo Sanchez avait développé des sentiments d'amour sincères pour Evelyn Tavarez. Par contre, sa femme s'était initialement tournée vers lui pour trouver une vie plus épanouissante. L'amour est né durant leur relation mais, au fil des années, les sentiments se sont dissipés. La rupture entre eux était inévitable. Evelyn Tavarez avait pris la décision de quitter Bernardo Sanchez. Mais l'accusé n'avait pas perdu espoir. Il pensait toujours pouvoir conserver Evelyn Tavarez auprès de lui. Selon la défense, Bernardo Sanchez doit être condamné pour avoir porté des coups à Evelyn Tavarez. Par contre, l'intention homicide ne pourrait être retenue contre lui. Les répliques auront lieu mercredi matin. Les jurés entameront ensuite leur délibération. Le verdict motivé sur la culpabilité est attendu mercredi en cours de soirée.