Jonathan Pirotte se situe à la limite du retard mental léger et souffre du syndrome de Caliméro ont indiqué mercredi devant la cour d'assises de Liège le psychiatre et le psychologue qui l'ont expertisé. L'accusé présente un quotient intellectuel de 70 et est incapable de se structurer ou d'endosser des responsabilités. Jonathan Pirotte avait commis un vol le 23 juin 2007 chez une octogénaire à Nivezé . La dame avait été frappée de deux coups de crosse et était décédée deux jours après les faits. Selon le psychiatre Walter Denys, Jonathan Pirotte présente un niveau d'intelligence modeste et médiocre. Ses niveaux de maturité et de réflexion sont également modestes et amplifient ce retard intellectuel. L'accusé a été traumatisé à l'âge de 11 ans par le décès de ses parents et en a conservé une pénurie affective. Mais le psychiatre a relevé que l'accusé se sert de cette excuse pour justifier ses comportements. Il considère que les faits dans lesquels il a été impliqué ne sont pas graves. Le soir des faits, il est parti en mission pour commettre un vol dans une maison qu'il connaissait parce qu'il avait besoin d'argent. Il est tombé sur l'habitante des lieux alors qu'il pensait que la maison était vide. Il affirme qu'il s'est essentiellement défendu alors qu'il était rentré dans cet endroit muni d'une arme, a relevé le psychiatre. Ce dernier a décrit Jonathan Pirotte comme un garçon qui est immature, impatient, irréfléchi et impulsif. Il ne présente aucune motivation tandis qu'il porte une personnalité antisociale. Jonathan Pirotte ne relève toutefois pas de la défense sociale. Pour le psychologue Serge Garcet, Jonathan Pirotte souffre du syndrome de Caliméro. Il se présente comme la victime d'une vie trop injuste. Il dresse un tableau idyllique de sa période de vie avec ses parents et abuse de la dimension relative à leur décès. Son quotient intellectuel est de 70 et se situe à la limite du retard mental léger. Sa personnalité est antisociale, avec des troubles de conduite apparus dès l'adolescence. Il montre un comportement transgressif par rapport aux normes, une irritabilité, une impulsivité, une agressivité et une irresponsabilité persistante. Jonathan Pirotte est incapable de se structurer et d'endosser des responsabilités. Il se présente comme un petit malheureux qui s'arroge des droits à la suite du décès de ses parents. Il a une façon très personnelle de se disculper par rapport à ses propres comportements, a indiqué l'expert. Les témoins de moralité de l'accusé l'ont décrit au cours de l'enquête comme un garçon contrarié par les méthodes d'éducation de son oncle. Durant son adolescence, il a transgressé les règles sociales. A l'âge de 18 ans, il a touché 32.000 euros d'indemnités d'assurance relatives au décès de son père mais il a tout dilapidé en quatre mois. Sa vie a été caractérisée par une instabilité et de mauvaises fréquentations. Les témoins de moralité de la victime l'ont décrite comme une dame sociable, positive et optimiste. Elle avait le commerce dans l'âme. C'est une dame qui aurait vendu une paire de souliers à un cul-de-jatte !, a affirmé un voisin. Les derniers témoins de moralité de l'accusé seront entendus jeudi matin. Les plaidoiries et le réquisitoire auront lieu jeudi après-midi.