Jean-Louis Felice a pris spontanément la parole lundi devant la cour d'assises de Liège et a affirmé que certains de ses coaccusés ont menti depuis le début du procès. Il a annoncé que les quatre accusés font partie d'un même bateau qui a coulé, enfonçant ainsi Mohamed Bouamar. Celui-ci nie les faits depuis le début du procès. Trois braquages commis le 16, 17 et 20 février 2009 sont reprochés à Jean-Louis Felice , Mohamed Bouamar , Xavier Colet et Loïc Rob . Lors de la dernière attaque, un des auteurs avait fait feu sur Monir Hossain qui avait été tué d'une balle de 9 mm. Jean-Louis Felice a souhaité reprendre la parole à la reprise de l'audience de l'après-midi lundi. Il s'inquiète de la position prise par Mohamed Bouamar depuis le début du procès. Je suis croyant et je fais ma prière tous les soirs. Mais je n'arrive plus à prier en paix. Je souhaite la vérité. Mais j'entends des mensonges lors de ce procès. On est tous les quatre dans le même bateau et ce bateau est en train de couler. Ce n'est pas à moi de vous dire qui était là. Mais je vous dit que certains de mes coaccusés mentent, a affirmé Jean-Louis Felice. Felice a affirmé qu'il souhaite assumer les conséquences de son geste. Mais il nie avoir volontairement fait feu sur la victime. C'est moi qui ai tiré, mais je ne me suis pas rendu compte que j'ai tiré. Je n'ai même pas vu cette personne. Je veux être honnête avec moi, assumer mon geste et rester digne. Je ne suis pas un rat qui tente de passer par un petit trou dans le mur qui est dressé devant nous. Ce qui m'énerve, c'est que j'expose mes arguments et que d'autres accusés tentent de se saisir de ces mêmes arguments pour se disculper. Jean-Louis Felice vise par ces déclarations Mohamed Bouamar qui a revendiqué un problème de vue, la nuit, pour expliquer qu'il ne pouvait pas être le conducteur de la voiture utilisée lors des braquages. Depuis le début du procès, jamais Felice n'avait affirmé que les faits avaient été commis par quatre auteurs. Le président lui a fait remarquer ce changement de version. Si nous sommes quatre accusés, c'est parce qu'il y a eu une enquête, a répondu Felice. Par ailleurs, on a appris qu'une violente altercation verbale a eu lieu lundi matin dans les cellules d'attente de la Cour d'assises peu avant le début de l'audience. C'est Jean-Louis Felice et Mohamed Bouamar qui se sont adressés des reproches et ont été séparés par des policiers avant d'en venir aux mains. La Cour a entendu une dernière fois les enquêteurs qui ont donné des précisions sur les relevés téléphoniques qui confirment la présence du GSM de Mohamed Bouamar sur les lieux des faits. Des auditions vidéo filmées, dans lesquelles Xavier Colet et Loïc Rob se rétractent de leurs aveux impliquant Mohamed Bouamar, ont été projetées aux jurés. Dans ces auditions, Colet et Rob affirment qu'ils n'ont reçu aucune pression pour modifier ainsi leurs versions initiales. Les plaidoiries des parties civiles débuteront mardi matin. L'audience pourrait néanmoins commencer avec un certain retard car Mohamed Bouamar doit subir un examen ophtalmologique vers 9 heures. Les conclusions de cet examen seront transmises par fax à la Cour en milieu de matinée, avant la clôture de l'instruction d'audience et donc avant le début des plaidoiries.