Plusieurs témoins ont confirmé vendredi devant la Cour d'assises de Liège que Jacques Bodet était mal perçu auprès des membres de la famille de Corine Kupper. La maman de la victime et l'accusé avait relancé un amour de jeunesse que Corine Kupper n'avait pas accepté. Pour se faire accepter, Jacques Bodet a tenté de manipuler certains membres de la famille. Corine Kupper, une jeune femme âgée de 20 ans, avait été découverte morte au domicile familial de Waimes le samedi 3 octobre 2009. Jacques Bodet, 53 ans, était le compagnon de la mère de la victime. Son ADN et des microfibres avaient été retrouvés sur le corps de Corine Kupper, sur la cordelière électrique utilisée pour maquiller le décès en pendaison et sur les chaussures enlevées de la victime. Une amie de la famille a confirmé que Danielle Feyen, la mère de la victime, était très proche de ses enfants. Mais sa vie de couple avec Bernie Kupper était devenue moins passionnée. Les infidélités des parents de Corine Kupper avaient amenuisé leurs liens. Danielle Feyen et Bernie Kupper se contentaient de vivre l'un à côté de l'autre. Avant même le décès accidentel de Bernie Kupper, Danielle Feyen avait noué une relation avec Jacques Bodet. L'accusé était un de ses anciens amours de jeunesse. Selon des membres de la famille, l'annonce de cette relation avait fait mauvais effet. Dans un petit village comme Waimes, tout le monde connaissait la personnalité et le passé judiciaire de Jacques Bodet. Danielle Feyen ne parlait pas beaucoup de Jacques Bodet à son entourage. Plusieurs membres de la famille s'étaient opposés à cette relation. Ils sentaient que Jacques Bodet tentait de s'imposer, notamment en utilisant la manipulation en envoyant des messages au départ du GSM de Danielle Feyen. Les proches recevaient des messages annonçant qu'elle voulait vivre avec lui mais ces messages comportaient trop de fautes d'orthographe. Bodet manipulait Danielle et la montait contre les autres membres de la famille, a expliqué la tante de la victime. Corine Kupper faisait partie des personnes qui n'avaient pas accepté la relation de Bodet avec sa maman. Les témoins ont décrit Corine comme une fille battante, franche, souriante, intelligente et directe en paroles. Elle était épanouie, joyeuse, spontanée et de bonne humeur. Elle n'était pas suicidaire. La meilleure amie de Corine Kupper a confirmé son caractère fort, renforcé à la suite du décès de son père. Mais elle était une jeune femme qui respirait la joie de vivre. Elle souhaitait terminer ses études, travailler et monter sa propre entreprise. Juste avant son décès, elle avait manifesté sa joie de recevoir bientôt une nouvelle voiture. Une tante de la victime a estimé que Jacques Bodet avait un excellent mobile pour tuer Corine Kupper. Il voulait éliminer Corine pour que sa maman pleure jusque la fin de ses jours. Ainsi, il aurait pu être à ses côtés, l'entourer et la réconforter. Bodet voulait s'installer dans une maison confortable et avoir un avenir rassurant, a affirmé ce témoin. Le procès de Jacques Bodet se déroule sous haute sécurité. Vendredi matin, en début d'audience, la police a procédé à la confiscation de deux couteaux suisses retrouvés dans les poches de journalistes verviétois.