La cour d'assises de Liège a entendu mardi les derniers témoins de moralité au procès de Jacques Bodet, un Waimerais de 53 ans accusé d'avoir commis l'assassinat de la fille de sa compagne. L'enquête de moralité a révélé que l'accusé avait aménagé dans les années 90 une cache secrète destinée à la séquestration d'une victime après un enlèvement. Jacques Bodet est accusé d'avoir assassiné Corine Kupper, la fille de sa compagne, le 3 octobre 2009. L'accusé est récidiviste aux assises de Liège pour avoir assassiné sa femme en 1989. Même s'il avait toujours nié les faits, Bodet avait écopé d'une peine de 15 ans de travaux forcés après avoir précipité son épouse dans un ravin. La 2CV dont il était parvenu à s'extraire contenait le corps calciné de son épouse. Du chloroforme avait été retrouvé dans le véhicule et l'enquête avait révélé que Jacques Bodet avait fait augmenter le montant de l'assurance vie de son épouse avant ces faits. La personnalité de Jacques Bodet a été détaillée lors de la journée de mardi par les enquêteurs et les témoins de moralité. Décrit comme un psychopathe, l'homme avait projeté d'enlever le patron d'une carrière de la région liégeoise en 1993. Les enquêteurs ont montré les photos d'une cache aménagée et sophistiquée réalisée par Bodet dans le cadre de ce projet. La cache était équipée de matériel de détention et d'un dispositif sécurisé et scellé de fermeture. Des moyens conséquents avaient été mis en place pour l'aménagement de cette cache. Au domicile de Jacques Bodet, les enquêteurs avaient également découvert 10 kilos de dynamite volée ainsi qu'une ceinture munie d'explosifs et de 6 détonateurs en parfait état de fonctionnement, de cagoules et d'une télécommande à distance. Ce dispositif, en cas d'utilisation, n'aurait laissé aucune chance à une éventuelle victime. L'incarcération de Bodet dans le cadre de son premier procès a fait échouer ce projet qui consistait à obtenir 200.000 euros ainsi que des parts de la société du patron de la carrière. A l'issue de sa condamnation, Bodet s'est toujours prétendu innocent. Il a crié à l'erreur judiciaire et à un complot fomenté par la famille de son épouse décédée ou par le parquet d'Eupen. Jacques Bodet a tenté de maquiller des pièces à conviction de son premier dossier et a procédé à l'envoi d'une lettre anonyme. Il souhaite toujours obtenir la révision de son premier procès et a tenté à deux reprises de s'évader de prison, en sciant les barreaux de sa cellule ou en jetant du poivre au visage de policiers. Emprisonné, il s'estimait en détention arbitraire. Cette attitude avait retardé sa libération. Différents termes négatifs ont été employés par les témoins pour qualifier Jacques Bodet: crapuleux, borné, magouilleur, fainéant, paranoïaque, manipulateur et rigide La journée de mercredi sera entièrement consacrée aux plaidoiries et au réquisitoire