Les derniers témoins de moralité ont été entendus vendredi matin devant la cour d'assises de Liège au procès de François Toussaint, un Welkenraedtois de 50 ans accusé de l'assassinat de Manuel Maroquin. L'accusé était apprécié de ses amis d'enfance. Mais il a aussi été décrit comme un homme qui a une haute opinion de lui et qui exagère ses capacités de réussite. Un homme d'affaires suisse qui avait financé ses activités a révélé que tous ses projets africains ont échoué et ont coûté très cher. François Toussaint est accusé d'être celui qui a abattu Manuel Maroquin de deux balles dans la tête le 8 mars 2005 à Xhendremael . Manuel Maroquin avait été tué alors qu'il quittait son domicile, un ancien dancing, au volant de sa voiture. Parmi les témoins de moralité, des dames ont évoqué les relations d'amitié que l'accusé entretenait avec les gens de son village lorsqu'il était jeune. Selon une amie qui a suivi des cours de karaté avec lui, François Toussaint était un homme pondéré et fort zen. Sûr de lui, il en imposait, jouait un peu le macho auprès des dames et aimait avoir raison. Une autre dame l'a décrit comme un homme sensible avec lequel il était possible d'avoir une amitié vraie. Il était à l'écoute de ses amis et gagnait leur confiance. Selon les amis qui l'ont connu dans les années 80 et 90, durant sa jeunesse, les faits reprochés à François Toussaint ne lui correspondent pas. L'accusé est décrit comme un homme sensible qui n'est pas capable de commettre froidement un assassinat. François Toussaint avait des activités très variées. Il a été actif dans des associations caritatives à destination de l'Afrique. Au niveau familial, il donnait l'image d'un homme calme et gentil mais qui faisait autorité malgré ses absences répétées. Père de trois filles, il les appelait ses petites pommes. Parmi ses différentes activités, François Toussaint avait été sensible à la cause des femmes violées au Sud-Kivu. Il avait créé la Cité de l'espoir, une ferme où les femmes violées pouvaient se reconstruire et apprendre des techniques de self-défense. A travers une connaissance belge établie en Suisse, François Toussaint avait obtenu des financements pour réaliser ses projets. Dans le domaine de la sécurité, il se voulait actif dans l'antiterrorisme. Il développait de nombreux projets à destination de l'Afrique. Mais il y a aussi été arrêté pour espionnage en 2008 lorsqu'il a traversé illégalement la frontière entre le Burundi et le Congo. Selon cet ancien financier qui a pris du recul, François Toussaint ne présente plus beaucoup de crédit. Il veut toujours être le plus important et a une excellente opinion de lui-même. Il exagère ses capacités à développer ses projets. Tous ses projets n'ont jamais abouti à des choses concrètes car il n'est pas parvenu à développer ses affaires. J'ai dépensé entre 600.000 et 800.000 euros à destination d'activités qui ont échoué ou pour le faire libérer de prison au Congo, a indiqué ce témoin. Un expert spécialisé en analyses ADN doit encore être entendu ce vendredi à 14h00.