Plusieurs témoins entendus mardi devant la cour d'assises de Liège ont évoqué les rapports délicats qui existaient entre Catherine Geets et son père. André Geets vivait seul et se plaignait de la distance qui existait entre lui et sa fille. Des voisins ont souligné qu'elle détestait son père et qu'elle ne venait pas régulièrement lui rendre visite. Catherine Geets et Yves Dieudonné sont accusés d'avoir assassiné André Geets le 13 décembre 2012. Le père de Catherine Geets était âgé de 74 ans. Cet homme domicilié à Cointe aurait été frappé à de nombreuses reprises puis étouffé par les deux accusés. Une infirmière avait retrouvé le cadavre d'André Geets dans la cave de son immeuble le lendemain des faits. Cette infirmière s'était inquiétée de ne pas obtenir de réponse lors d'une visite. Elle avait alerté Catherine Geets pour lui signaler la disparition de son papa. C'est alors Catherine Geets qui avait conseillé à cette infirmière de faire des recherches dans les caves de l'immeuble. La découverte de son corps m'a marquée. Je ne peux oublier le regard effrayé qui était figé sur son visage, a déclaré l'infirmière. Ce témoin a décrit André Geets comme un homme méticuleux, exigeant et précautionneux. Il était très gentil mais peu entouré au niveau familial. Des voisins ont décrit André Geets comme un homme qui souffrait de quelques problèmes médicaux et qui avait subi une opération au dos. Il savait néanmoins se mouvoir en s'aidant d'une béquille. La victime se plaignait par contre de l'éloignement de sa fille qui ne venait pas régulièrement lui rendre visite. Ces témoins ont affirmé que Catherine Geets détestait son père. Une toxicologue avait analysé les prélèvements effectués sur le corps de la victime. André Geets, qui était épileptique, n'avait pas consommé d'alcool. Mais il présentait des traces de consommation de médicaments utilisée uniquement à titre thérapeutique et à des concentrations classiques qui ne peuvent avoir influencé son comportement. En début d'enquête, les deux accusés avaient imaginé faire croire qu'André Geets était décédé à la suite d'une chute. Mais le juge d'instruction Dominique Lizin a exposé au cours de son témoignage qu'il était impossible de confondre la scène du crime avec une scène accidentelle. Lors de la descente sur les lieux, les spécialistes avaient directement constaté qu'André Geets n'était pas mort d'une chute. Il y avait des traces de sang partout à proximité de son cadavre et des touffes de cheveux éparpillées. Le juge d'instruction a précisé que Catherine Geets était passée aux aveux sur son implication dans la scène. Mais elle avait modifié ses explications à diverses reprises. Elle disait qu'elle était rabaissée par son père, qu'elle n'en pouvait plus et qu'elle avait sollicité l'aide d'Yves Dieudonné pour le faire disparaître. Ensuite, elle avait minimisé son rôle et affirmé qu'elle n'avait participé à la scène qu'en pinçant le nez de la victime. Dans une ultime version, elle aurait reconnu le caractère prémédité des faits. Le juge d'instruction a ajouté qu'une composante argent a été trouvée tout au long du dossier. Durant l'enquête, Catherine Geets affirmait qu'elle ne se sentait pas aimée de son père mais elle lui réclamait continuellement de l'argent.