Les experts psychiatres et psychologues ont témoigné mercredi en fin de journée devant la cour d'assises de Liège au procès d'Abdelmajid Karrar. L'accusé a été décrit comme un homme narcissique et jaloux qui n'apprécie pas la contradiction et qui aime avoir le contrôle de toutes les situations. Abdelmajid Karrar, accusé d'avoir assassiné ses deux enfants le 2 août 2013 àChênée , présente selon les experts désignés par la justice la personnalité d'un homme narcissique. L'accusé n'aime pas la contradiction et peut se laisser aller à se montrer supérieur ou arrogant. Abdelmajid Karrar peut aussi être susceptible lorsqu'il soupçonne qu'on le déprécie. Il est rancunier et, selon la tradition familiale, il se montre autoritaire. Le psychiatre Walter Denys a évoqué la situation personnelle d'Abdelmajid Karrar au moment des faits. Il avait perdu son travail et était devenu dépendant de la mutuelle après un accident vasculaire cérébral. Abdelmajid Karrar était aussi devenu plus dépendant de son épouse, qui restait la seule à travailler, qui rapportait plus d'argent que lui et qui dirigeait le ménage. Selon l'expert, cette situation a pesé sur l'humeur et l'amour-propre de l'accusé. Pour le psychiatre, la susceptibilité d'Abdelmajid Karrar était accrue. Il était devenu plus exigeant et colérique. Sa jalousie s'était affirmée. Son épouse s'opposait à ce changement de caractère et ne voulait plus de cette situation. La séparation était en vue mais Abdelmajid Karrar ne l'acceptait pas. Le psychologue Serge Garcet a insisté sur la personnalité narcissique d'Abdelmajid Karrar. L'accusé a le sentiment de sa propre importance. Il a une dimension obsessionnelle et un besoin de contrôle. Il présente aussi une revendication et une colère par rapport à son épouse. Il cherche à maîtriser ce qui se passe autour de lui, ce que les autres pensent de lui et comment les autres fonctionnent. Les choses doivent être réalisées comme il le souhaite, a analysé le psychologue. Les experts ont également souligné que l'accusé dispose de capacités intellectuelles de bon niveau. Au moment des faits, il n'a pas perdu le contrôle de ses actions et il était parfaitement lucide. Abdelmajid Karrar ne relève pas de la loi de défense sociale. Un conseiller-technique engagé par l'avocat de la défense a nuancé le rapport des experts officiels. Le psychologue Devoitille a estimé que l'accusé ne présente pas une structure de personnalité narcissique mais plutôt une blessure narcissique et un trouble de lapersonnalité. La maman des deux enfants décédés et les premiers témoins de moralité seront entendus durant la journée de jeudi.