Les dirigeants des aéroports de Charleroi et Liège, entendus lundi en commission du parlement wallon sur la volonté du ministre Carlo Di Antonio de rapprocher leurs structures, ont assuré qu'ils se considéraient comme partenaires et non concurrents, sans toutefois se prononcer sur des synergies concrètes. Charleroi se concentre sur les vols à bas tarifs et Liège sur le fret. Pour le président de Liège Airport, José Happart, la concurrence se joue plutôt avec l'aéroport de Bruxelles National qui a récemment développé le trafic passager à bas tarif et augmente son activité de fret. L'ancien président du parlement wallon, en très mauvais termes avec le ministre, a souligné les bons résultats des aéroports wallons pour demander quel génie pourrait expliquer qu'une fusion ferait tout mieux fonctionner. Le directeur général de Liège Airport, Luc Partoune, s'est montré plus mesuré, jugeant même pertinente la question du changement de modèle et évoquant, entre autres, l'unicité de gestion existant à Brussels Airport, alors qu'à Liège, l'administration wallonne, l'aéroport et la SOWAER génèrent différentes couches de gestion. Il a particulièrement défendu les actionnaires privés qui, en apportant 15 millions d'euros d'investissement, nous ont permis d'investir plus de 110 millions d'euros en 10 ans, en plus des apports de la Région. Cette complémentarité entre pouvoirs publics et sociétés de gestion est à privilégier, a-t-il insisté. Le ministre, quant à lui, a maintenu sa volonté de rapprocher les structures selon un modèle non encore déterminé.