Au terme d'un vote qui aura duré près d'une heure, jeudi après-midi à Paris, l'assemblée générale du Bureau international des expositions a finalement tranché: c'est Astana, la capitale kazakhe, qui organisera l'exposition internationale de 2017 autour du thème de l'énergie du futur. La défaite, pour Liège, est sévère: la Cité ardente, qui jusqu'au bout a cru à ses atouts, n'a remporté que 44 voix, contre 103 pour Astana et une abstention. A l'annonce de ces résultats, peu avant 17 heures, la délégation kazakhe exulte. Côté liégeois, c'est la désolation et les larmes qui l'emportent. Mais si les yeux sont humides, les propos, eux, se veulent résolument optimistes. Je ne vais bien entendu pas vous dire que je suis follement heureux mais le monde ne s'écroule pas. Nous avons donné une place à Liège sur la scène internationale et les acquis demeurent, notamment en ce qui concerne la construction de l'éco-quartier de Coronmeuse, qui devait succéder aux pavillons de l'exposition et qui verra désormais le jour plus rapidement, assure ainsi Jean-Christophe Peterkenne, directeur général de Liège Expo 2017. Nous avons vécu une expérience formidable. Passée la première déception, il faut rebondir et réfléchir à la manière de préserver la dynamique créée, ajoute-t-il sans pour autant évoquer un nouveau projet international précis. Quand on entre dans une compétition, on sait qu'on ne gagne pas toujours, philosophe pour sa part Willy Demeyer, le bourgmestre de Liège. Je suis déçu pour la population liégeoise et belge dans son ensemble, ainsi que pour l'équipe qui a travaillé dur depuis 3 ans, mais nous devons à présent veiller à préserver l'union sacrée qui a accompagné notre candidature, poursuit le responsable socialiste. Il n'en reste pas moins que l'ampleur de la défaite est lourde à digérer. Nous ne nous attendions pas à un tel score. Ce fossé prouve que ce type de vote international est soumis à des aspects géopolitiques que nous ne pouvons pas ignorer, admet Willy Demeyer, en écho aux propos du secrétaire général du BIE, Vincente Loscertales. Selon ce dernier, même si elle était soutenue par l'ensemble du pays, la candidature liégeoise était avant tout une initiative locale alors que le Kazakhstan présentait un projet présidentiel, dans un pays où le rôle du président est primordial. Dans ce contexte, la Belgique n'a pas fait le poids, d'autant que le Kazakhstan n'a pas lésiné sur les moyens déployés, un budget d'1,2 milliard d'euros ayant été évoqué pour soutenir le projet d'Astana. Pour avoir du sens, une candidature doit être le reflet de ce que l'on est et des valeurs que l'on défend, estime néanmoins Jean-Christophe Peterkenne. Et de conclure: nous avons donné de la fierté à Liège. Le résultat obtenu n'est pas bon mais la dynamique créée, elle, est excellente. A nous de la défendre. - Belga -