Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, le réarmement européen et les enjeux de souveraineté énergétique, Jean-Luc Maurange, CEO de John Cockerill, présente sa vision des grands choix industriels actuels. Il explique comment défense, énergie et décarbonation sont désormais étroitement liées dans la stratégie du groupe.Fondé en 1817, John Cockerill est devenu un acteur industriel multisectoriel actif dans l’énergie, la défense, l’équipement industriel, l’hydrogène et les services à forte valeur ajoutée. L’entreprise compte aujourd’hui plus de 8.600 collaborateurs dans le monde, dont 1.600 en Belgique, avec un chiffre d’affaires proche des 2 milliards d’euros.La défense est désormais le premier secteur du groupe, notamment après l’acquisition d’Arquus. L’entretien évoque l’évolution rapide des besoins militaires depuis la guerre en Ukraine et les défis industriels associés : véhicules blindés, systèmes de protection, cybersécurité et capacité à produire plus rapidement pour suivre le rythme des conflits modernes.L’énergie constitue l’autre axe majeur de la discussion. Pour le CEO, elle représente à la fois un enjeu économique et un instrument de puissance géopolitique. Réduction des dépendances, place du nucléaire et développement des renouvelables sont présentés comme des éléments essentiels pour l’autonomie industrielle européenne.L’hydrogène apparaît également comme un levier stratégique. John Cockerill mise sur l’hydrogène vert pour contribuer à la décarbonation industrielle, tout en soulignant la compétition technologique mondiale, notamment face à la Chine.Enfin, l’entretien aborde la question des talents. Le groupe recrute de nombreux profils — ingénieurs, spécialistes du numérique, techniciens industriels — rappelant que la réindustrialisation passe aussi par la valorisation des compétences et des métiers techniques.