Les étudiants en stylisme de l’IFAPME ont présenté leurs collections au cœur des salles d’exposition de la Boverie, entre œuvres d’art et public conquis.
Le temps d’une soirée, La Boverie a pris des airs de Fashion Week. En coulisses, les étudiants de la section stylisme de l’IFAPME Liège apportent les dernières retouches à leurs créations. L’effervescence est palpable : mannequins, apprentis stylistes et maquilleurs s’activent avant le grand moment, un défilé installé au cœur même du musée.
« Ils vont pouvoir mettre en valeur leurs collections dans un endroit absolument magnifique, avec un public conquis puisque nous avons été sold out très rapidement. C’est un événement qui rayonne et on est très heureux d’être là », souligne Marie-Pierre Docquier, conseillère pédagogique en charge de la section stylisme.
Entre stress et excitation
Pour les mannequins comme pour les étudiants, l’émotion est forte.
« Je suis vraiment hyper contente de faire ça. C’est la première fois et je trouve que c’est une super bonne expérience. L’ambiance est trop bien », confie une mannequin.
Derrière les coulisses, la pression monte aussi. Certains ajustent encore leurs pièces spectaculaires à la dernière minute.
« Très stressée, c’est la panique pour habiller tout le monde… mais aussi excitée parce que toute ma famille est là », raconte une étudiante.
Un autre étudiant évoque « un accomplissement d’une année », dans une ambiance mêlant stress et fierté, avec la découverte des collections de chacun.
Trois années, trois approches du stylisme
Le projet réunit les trois années de formation, chacune avec ses contraintes.
Les premières années travaillent le volume et l’architecture autour d’une palette de blancs et d’écrus. Les deuxièmes années s’inspirent de femmes artistes du XXᵉ siècle pour imaginer leurs silhouettes. Les étudiants de troisième année, eux, présentent leur collection de fin de formation.
Derrière chaque tenue se cache un univers personnel, parfois une histoire, toujours une intention : transformer des mois de travail en un défilé capable de séduire public et jury.
Art, matière et interprétation
Pour les enseignants, le stylisme est un langage à part entière.
« L’architecture et le vêtement, ce sont des habitacles… le vêtement est une sorte d’architecture molle », explique Muriel De Potter, professeure d’histoire de l’art et du costume. Elle insiste aussi sur le travail d’interprétation des artistes, loin de toute copie littérale : chaque création devient une transposition sensible, nourrie de détails, de formes et de matières.
Des créations jusqu’au podium
Encadrés par des professionnels du secteur, les futurs stylistes ont consacré des centaines d’heures à concevoir, patronner et assembler leurs pièces. Un investissement visible sur le podium.
En pleine préparation, certains étudiants détaillent leurs choix parfois surprenants.
« C’est inspiré de la ramassette… et du papier toilette », explique Petula Cliche en ajustant sa tenue, entre colsons, rubans et assemblage minutieux. À l’issue du défilé, c’est sa collection, intitulée « Le banal devient extraordinaire », qui a séduit le jury et remporté le premier prix.