Un art martial où chaque geste est codifié et où le silence de la salle n'est rompu que par le katana qui fend l'air. Ce week-end, Herstal accueillait le championnat national d’iaïdo, une pratique centrée sur la maîtrise du sabre mais surtout de soi-même.
Dans un silence presque total, chaque geste compte. Ici, pas de combat spectaculaire ni de cris. La précision, la concentration… et la maîtrise de soi sont les maîtres-mots de l’iaido. Un art martial où l’on recherche la perfection dans l’utilisation du sabre japonais. Dont les mouvements démarrent toujours à partir du fourreau.
"Etant donné qu'il s'agit d'un objet contondant. On ne va pas faire de match l'un contre l'autre mais on va apprendre à perfectionner le mouvement donc ce sont comme les kata en karaté. Ce sont des techniques prédéfinies, ce qu'on va rechercher c'est l'exactitude, la précision et l'efficacité dans le mouvement", nous explique Yuki Kanto, présidente de la fédération francophone belge pour l'iaido.
Chaque kata représente une configuration par rapport à un adversaire fictif contrairement au kendo où les combats se font à deux avec un sabre en bambou et des protections. Ici, les compétiteurs sont évalués sur la logique de leurs gestes dans une situation où ils font face à un ou plusieurs ennemis.
"Ça va se décliner en la stabilité du corps car sinon je ne suis pas capable de couper, l'exactitude de la coupe donc l'angle de coupe. Par exemple, si je dois découper en diagonale et que mon sabre est vertical, ça ne va pas aller", embraye encore Yuki
"La première chose à avoir, c'est une question d'attitude mais aussi de connaissances techniques dans les katas qui sont démontrés. Il y a les critères de précision mais aussi de "vécu" car on doit quand même "vivre" quelque chose à travers les katas et les scénariosn envisagés", ajoute Emilio Perez, responsable des arbitres des aires de ocmbat "shiaijo".
Le championnat national est organisé en poules le matin avant les phases à élimination directe. Sept catégories sont recensées : les débutants suivis des participants répartis en 6 dan et ce sans distinction d’âge et de poids. Chacun d’entre eux suit son propre rituel avant d’effectuer ses katas. Car au-delà de la compétition, le iaido est aussi une recherche intérieure. "Ce que j'aime avant tout, c'est cette partie où il faut être très concentré. C'est toujours s'améliorer vis-à-vis de soi-même", explique Shams, adhérante au Butokukan d'Herstal.
Le choix d’Herstal pour l’organisation de ces championnats n’est pas due au hasard. Le club est en effet le seul de la région liégeoise affiliée à la Zen Ken Ren, soit la fédération japonaise qui rassemble le ken-do et l’iaïdo. La Belgique quant à elle fait partie des pays qui ont créé la fédération européenne.
"En Belgique, au total, on a 650-700 adhérents. On fait partie de la fédération européenne qui elle compte environs 12.000 personnes. L'an passé, on a gagné le championnat d'Europe par équipes mais on a aussi eu plusieurs médailles d'or, d'argent, de bronze. On a un très bon niveau chez les Belges qui est même reconnu au Japon", nous dit Nicolas Pauwelyn, président de la All Belgium Kendo Federation.
La victoire ne se mesure donc pas seulement en médailles dans l’iaido. L’objectif ultime reste la perfection du geste… et la maîtrise de soi. Un art ancestral qui continue de faire vivre l’esprit du katana, ici aussi, en Belgique.