Motahir Muhammod, un Bangladais de 48 ans accusé de l'assassinat de son épouse, a nié les faits qui lui sont reprochés lundi lors de l'ouverture de son procès devant la cour d'assises de Liège. L'accusé a soutenu que son épouse a été égorgée par d'autres personnes hébergées comme lui au centre de réfugiés de Noncevaux . Motahir Muhammod est suspecté d'avoir tranché la gorge de son épouse âgée de 28 ans la nuit du 27 au 28 juillet 2012. L'accusé et son épouse, Shifa Begum, étaient hébergés dans un centre pour réfugiés de la Croix-Rouge à Noncevaux. Ils étaient arrivés en Belgique avec leurs trois enfants en mai 2012. A l'issue de la lecture de l'acte d'accusation, les avocats de l'accusé ont présenté leur acte de défense. Ils ont rappelé que Motahir Muhammod conteste être l'auteur de cet homicide. Mais il se défendrait très mal. Il est maladroit mais cela traduit son désarroi face aux accusations dont il fait l'objet. Motahir Muhammod est jugé dans une langue qu'il ne maîtrise pas du tout. L'expression de ses sentiments et de son vécu passent par la voix du traducteur. Mais ses attitudes sont le reflet de ses inquiétudes de ne pas être entendu lorsqu'il clame son innocence, a indiqué Me Sandra Berbuto. Lors de son interrogatoire par la présidente Tamara Konsek, Motahir Muhammod a rappelé qu'il est originaire du Bangladesh et de confession musulmane. Pour améliorer ses conditions de vie, Motahir Muhammod avait émigré une première fois au Koweït pour travailler. A l'âge de 37 ans, les membres de sa famille ont arrangé son mariage avec Shifa Begum, alors âgée de 19 ans. Motahir Muhammod était patron d'une agence de voyage. Lui et son épouse ont ensuite émigré vers l'Angleterre en 2009. Privé de son emploi de cuisinier à Londres, il a décidé de venir en Belgique sous une fausse identité avec sa femme et ses trois enfants. Il s'est adressé à un passeur. Sa famille a été placée dans le centre pour réfugiés d'Aywaille, où il a retrouvé d'autres Bangladais. Motahir Muhammod affirme que l'entente était bonne avec sa femme, qu'elle ne s'éloignait jamais de lui et qu'elle était distante avec les autres réfugiés. Motahir Muhammod a confirmé que, deux jours avant les faits, sa fausse identité avait été découverte et que les autorités lui ont imposé de quitter la Belgique. Motahir Muhammod a soutenu qu'il avait accepté cette décision et qu'il a rassuré sa femme. Selon l'accusé, la nuit du 27 au 28 juillet, il a pénétré dans la chambre où se trouvait sa femme et il est tombé sur deux hommes qui l'ont agressé et blessé à la main. Motahir Muhammod prétend les avoir reconnu formellement. Selon l'accusé, ce sont ces deux hommes qui ont égorgé son épouse. J'étais très choqué. J'ai découvert que ma femme n'était plus vivante dans le lit. J'ai trouvé à côté d'elle le manche d'un couteau. J'ai pris ma fille dans mes bras et j'ai couru appeler des secours. Les agresseurs venaient de la chambre d'à côté, a exposé l'accusé. Motahir Muhammod a affirmé que trois jeunes Bangladais avaient précédemment tenté de se rapprocher sexuellement de sa femme. En réponse, il avait imposé de la distance à ces hommes. Ceux-ci se seraient ensuite vengés en agressant sa femme. Les enquêteurs seront entendus mardi