À Dalhem, une ancienne tour électrique de 15 mètres s’apprête à connaître une nouvelle vie. La commune, propriétaire du bâtiment, a choisi d’en faire un refuge pour les chauves-souris, en collaboration avec Natagora.
À Dalhem, une ancienne tour électrique de 15 mètres s’apprête à connaître une nouvelle vie. La commune, propriétaire du bâtiment, a choisi d’en faire un refuge pour les chauves-souris, en collaboration avec Natagora. Un projet qui associe préservation du patrimoine, biodiversité et protection de la faune locale.
Autrefois, cette tour alimentait l’ensemble du circuit électrique du village de Dalhem. Aujourd’hui, ses trois étages sont progressivement aménagés pour accueillir des colonies de chauves-souris.
Plusieurs idées avaient été avancées pour donner une nouvelle fonction au bâtiment. La commune a finalement retenu un projet consacré à la biodiversité, porté avec Natagora.
« Avec Natagora, on avait vraiment un projet précis pour les chauves-souris, pour la biodiversité. Nous avions également un subside biodiversité à notre disposition », explique Marie Charlier, échevine de l’Environnement à Dalhem.
Transformer une ancienne tour électrique en gîte pour chauves-souris ne s’improvise pas. Chaque espace est pensé en fonction des besoins des animaux et notamment de leur métabolisme.
« Les chauves-souris ont différents besoins en fonction de leur métabolisme. Pour les maternités, elles ont besoin de beaucoup de chaleur », explique Julia Luxen, chargée de mission "Biodiversité dans le bâti" chez Natagora.
Les différents étages de la tour offrent ainsi des conditions de température variées. Sous les combles, la chaleur peut être importante, ce qui convient particulièrement aux colonies de reproduction. Mais lorsque les températures deviennent trop élevées, les chauves-souris pourront descendre vers des espaces plus frais.
« Il faut qu'elles puissent choisir l'endroit qui leur convient le mieux en fonction de la température », précise Julia Luxen.
L’isolation elle-même a été pensée dans une logique écologique. Des matériaux naturels, à base d’herbes et de foin séchés, ont notamment été utilisés.
Pour maximiser les chances de voir les chauves-souris adopter rapidement leur nouveau refuge, plusieurs astuces ont également été mises en place.
Du guano, autrement dit les déjections de chauves-souris, a notamment été déposé à différents endroits de la tour.
« Les crottes de chauves-souris sont assez propres et assez sèches. On les dépose à différents endroits pour qu'elles puissent sentir des odeurs qui leur sont familières lorsqu'elles viennent prospecter le bâtiment », explique Jean-Philippe Demonty, coordinateur régional chez Natagora Pays de Herve.
L’objectif est simple : donner aux chauves-souris l’impression que le lieu est déjà adapté à leur présence et favoriser leur installation.
L’accès à la tour a lui aussi fait l’objet d’un aménagement spécifique. Une chiroptière, sorte de chatière spécialement conçue pour les chauves-souris, a été installée.
Son système en forme de « S » permet de limiter l’accès aux autres animaux.
« Les prédateurs volants, comme les effraies des clochers, les fouines, ou même les pigeons, ne savent pas faire cette entrée en S. Il y a donc une chicane qui permet de réserver l’accès exclusivement aux chauves-souris ».
Un dispositif qui doit permettre aux chauves-souris d’entrer et de sortir en toute tranquillité, tout en limitant la présence d’espèces indésirables.
Les chauves-souris ne seront toutefois pas les seules bénéficiaires du projet. La tour accueillera également des aménagements destinés aux oiseaux, notamment aux martinets.
Des nichoirs spécifiques ont été installés. Ils doivent répondre aux particularités de ces oiseaux, qui sont incapables de redécoller s’ils tombent au sol.
« Comme c’est un nid prévu pour les martinets, il faut mettre des copeaux jusqu’au trou. Le martinet doit pouvoir s’envoler directement dès qu’il est posé. S’il se retrouve par terre, il ne sait plus s’envoler », explique Théo Beckers, volontaire chez Natagora Pays de Herve.
Une attention particulière qui illustre la volonté de faire de la tour un véritable espace d’accueil pour la biodiversité locale.
Avec cet aménagement, Dalhem rejoint une dynamique déjà engagée dans la région. La tour sera le deuxième hôtel à chauves-souris accompagné par Natagora en province de Liège, après celui d’Aubel.