L’évêque de Liège, également référendaire pour l’enseignement catholique en Belgique francophone et germanophone, réagit aux incidents qui ont secoué Liège ces derniers jours.
Mgr Delville condamne fermement la violence et refuse que toute une jeunesse en porte le poids. Il salue les gestes de solidarité, exprime sa proximité aux enseignants et appelle chacun à devenir artisan de paix. « Les événements qui secouent Liège depuis plusieurs jours me touchent profondément, comme évêque de Liège, mais aussi comme évêque référendaire pour l’enseignement catholique en Belgique francophone et germanophone. Je le dis avec fermeté : rien ne justifie la violence, les dégradations, les pillages ni les atteintes aux personnes ».
Mais l’Evêque dit refuser que les actes d’une minorité jettent la suspicion sur toute une jeunesse. « Ceux qui, masqués, cassent, incendient ou pillent ne représentent pas cette jeunesse qui exprime ses inquiétudes et dont l’immense majorité souhaite être entendue pacifiquement et dont la parole compte ».
"Une vidéo partagée peut jeter de l’huile sur le feu ; une main tendue peut aider à l’éteindre"
Monseigneur Delville salue encore celle et ceux qui ont tenté de dialoguer avec les casseurs, tel le chanoine Pierre Hannosset. Alors que les événements se déroulaient devant la cathédrale, il est allé à la rencontre des jeunes pour les écouter et comprendre les raisons de leur mobilisation. « Il a même pu échanger calmement avec certains de ceux qui participaient aux dégradations, montrant que le dialogue reste possible, même dans les moments de tension » raconte l’Evêque. Incommodé par les gaz lacrymogènes, il a reçu l’aide de jeunes qui lui ont proposé des gouttes pour les yeux et se sont inquiétés de son état. « Au milieu de la confusion et de la violence, ces gestes d’écoute, de courage et de solidarité disent, eux aussi, quelque chose de notre jeunesse et de notre ville. J’entends l’inquiétude de nombreux jeunes face au coût et aux conditions de leurs études, et face à leur avenir. Leur parole est une chance pour notre vie démocratique. Ces préoccupations méritent d’être entendues et prises au sérieux » conclut-il en exprimant aussi sa proximité et sa reconnaissance aux enseignants, aux éducateurs et aux directions d’école « Je porte dans ma prière toutes celles et ceux que cette situation touche, de près ou de loin : les jeunes et leurs familles, les enseignants et les directions, les commerçants, les personnes blessées, les policiers, les pompiers, les secouristes, les responsables politiques et tous les habitants qui vivent ces jours dans l’inquiétude. … Et lorsque la violence éclate, demandons-nous quel est notre premier réflexe : filmer pour diffuser des images spectaculaires, ou nous soucier de ceux qui ont besoin d’aide ? Une vidéo partagée peut jeter de l’huile sur le feu ; une main tendue peut aider à l’éteindre. »