L'APERe, une association fournissant des informations sur les énergies renouvelables, a mis en garde mardi, dans un communiqué, les autorités communales de Donceel concernant leur projet d'installation de mini-éoliennes, dites Tulipes, arguant que celles-ci ne seraient pas rentables. L'échevin des Travaux, contacté mercredi par l'agence Belga, croit en ce projet et ne souhaite pas que l'on étouffe le poussin dans l'oeuf.La réaction de l'APERe ne s'est pas fait attendre à la suite de la signature d'un contrat entre la commune de Donceel et une société basée à New York afin de produire et installer des mini-éoliennes sur le territoire de la commune. Selon l'association, ces petites turbines en forme de tulipe ne produiront quasiment rien. L'APERe se base sur des retours d'expérience souvent négatifs en la matière. D'après l'association, la grande majorité des micro-éoliennes ne sont pas conformes à la norme internationale et rares sont les fabricants qui annoncent les performances réelles de leurs prototypes. Le fabricant choisi par la commune, Flower Turbines, n'échapperait pas à la règle, selon le communiqué repris mercredi par les journaux La Meuse et L'Avenir Huy-Waremme. L'APERe mène une action d'éducation et de conseil sur base de projets ayant pour but une plus grande autonomie énergétique, durable et solidaire, dans le secteur éolien en particulier. Le bourgmestre de Donceel, Jean-Luc Boxus, reconnaît le sérieux de l'association dans les colonnes du quotidien L'Avenir mais s'inquiète de ce dénigrement systématique des projets énergétiques de sa commune. L'échevin des Travaux, Philippe Mordant, émet quant à lui des doutes sur la légitimité de l'APERe, en se demandant pourquoi celle-ci n'est pas reconnue comme membre francophone du réseau intergouvernemental d'experts énergie du Benelux , à l'instar de l'asbl Cenurbe, de l'UMons et du cluster Tweed. Il souligne en outre que la technologie Tulip permet de rapprocher les turbines et les disposer en grappes ou en rangées, ce qui est impossible avec d'autres types d'éoliennes. Le projet peut être critiqué par les lobbyistes de grands groupes qui gravitent autour de la production énergétique, mais nous voulons croire en ce micro-éolien. C'est pourquoi il s'agit de développer localement la production et l'installation de ces quelques turbines témoins. Il ne faut pas tuer le poussin dans l'oeuf, a-t-il déclaré à l'agence Belga. Selon l'homme d'affaires donceelois Alain Van Ranst, à l'origine du projet, l'APERe ne sait rien de notre projet et veut déjà le tuer. Nous savions que nous allions être critiqués, c'est la raison pour laquelle nous ne vendons pas ces éoliennes, nous les donnons afin de prouver qu'elles fonctionnent et sont rentables, commente-t-il dans L'Avenir.