Bruno Werner a soutenu, lundi, lors de son interrogatoire devant la cour d'assises de Liège, qu'il était en état de folie lorsqu'il a décidé de tuer sa femme et ses deux enfants le 25 octobre 2007. L'accusé a prétendu qu'il a été incapable de maîtriser la situation du fait de son état de folie. Bruno Werner, un Allemand de 62 ans accusé d'un triple assassinat, a longuement évoqué son parcours personnel lors de son interrogatoire par le président Philippe Gorlé avant d'aborder les faits qui lui sont reprochés. L'accusé a expliqué qu'il se sentait dans la position d'un looser à l'époque des faits. Il venait de perdre son travail et avait caché ses difficultés financières à sa famille. Lors de sa prise de parole devant les jurés de la cour d'assises, Bruno Werner a tenté de faire passer l'idée selon laquelle il était fou à l'époque des faits. Plus rien n'allait et je n'étais plus maître de la situation. J'étais fou. Cet état s'était développé progressivement au cours des mois précédents. C'est cet état qui m'a amené à faire cette chose horrible. Je n'ai pas su me contrôler et je n'ai plus eu de limites, a soutenu l'accusé. Selon les premières déclarations de Bruno Werner durant l'enquête, c'est depuis l'hiver précédent qu'il avait eu l'idée de supprimer les membres de sa famille à la hache. L'accusé n'a pas infirmé cette déclaration mais il a soutenu que cette idée meurtrière avait progressé chez lui en même temps que sa folie. Bruno Werner a détaillé les événements qui se sont produits le jour des faits. Il a réveillé sa fille, âgée de 19 ans, vers 10 h. C'est lorsqu'elle laçait ses chaussures qu'il a attaqué sa première victime. Helena faisait ses lacets. J'ai pris la hache qui servait à couper notre bois. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait cela. Ma fille ne m'a pas vue arriver. J'ignore combien de coups je lui ai donné. J'ai frappé avec le côté plat de la hache. Ensuite, j'ai utilisé un fil électrique pour l'étouffer afin qu'elle ne souffre pas. J'ai supposé qu'elle était morte et je l'ai recouverte d'une couverture, a expliqué l'accusé. Borbe, le fils âgé de 17 ans, est rentré vers 14h30. Je l'ai suivi quand il a posé son vélo contre la façade. Je l'ai tué à coups de hache, a-t-il dit. L'accusé prétend ne plus se souvenir des déclarations qui figurent dans le dossier au cours desquelles il a donné des détails plus précis. Borbe aurait été frappé d'une trentaine de coups avec le côté plat de la hache. Après avoir recouvert les corps de ses enfants, Bruno Werner a alors attendu le retour de son épouse. Si mes souvenirs sont exacts, j'ai couru dans tous les sens. Quand ma femme est revenue, j'ai attendu qu'elle me tourne le dos et je l'ai frappée, a déclaré l'accusé. L'accusé a également indiqué qu'il avait mis le feu à sa maison. Je n'avais plus de famille et tout était fini, a ajouté l'accusé. Le médecin légiste qui a autopsié les victimes devrait être entendu ce lundi après-midi. -Belga -