Pendant quatre jours, Tilff accueille la XuCon, la Convention francophone de science-fiction. Plus qu'un rendez-vous pour les amateurs de mondes imaginaires, l'événement met en lumière un genre littéraire qui interroge les enjeux de notre époque.
Robots, voyages interstellaires ou sociétés futuristes… Au château de Tilff, la XuCon rassemble pendant quatre jours des passionnés de science-fiction venus de toute la francophonie.
À la différence d'un salon du livre, cette convention se veut avant tout un lieu d'échanges. Auteurs, autrices et lecteurs s'y retrouvent sur un pied d'égalité pour partager leur passion dans une ambiance conviviale et familiale. Tables rondes, ateliers d'écriture, projections, jeux ou encore remises de prix rythment le week-end.
Au-delà des univers imaginaires, la science-fiction s'intéresse pourtant à des questions bien réelles. « La science-fiction ne cherche pas à prédire l'avenir », rappelle l'autrice liégeoise Katia Lanero Zamora. Elle s'appuie plutôt sur les enjeux de notre époque pour imaginer différentes évolutions possibles.
Crise climatique, intelligence artificielle ou transformations de nos sociétés : le genre explore les conséquences de ces changements et invite à porter un regard différent sur le monde d'aujourd'hui.
L'exploration est d'ailleurs au cœur de l'une des tables rondes de cette édition. Qu'elle soit spatiale, scientifique ou plus intime, elle constitue l'un des grands thèmes de la science-fiction. Une manière, selon les intervenants, d'ouvrir de nouvelles perspectives et de changer de regard sur notre réalité : «C'était une table ronde sur la notion d'exploration près de chez soi. Non pas l'exploration spatiale lointaine, mais qu'est ce qu'on peut explorer dans le monde autour de soi, que ce soit les petits insectes, les plantes ou l'exploration psychologique, interne. Et je pense que le bilan de ce panel, c'était que l'exploration, c'est une tentative de ralentissement, de s'arrêter dans la marche du monde pour prendre le temps de regarder à nouveau, d'élargir son regard », partage l'autrice Chloé Chevalier.
« Finalement, je pense que c'est un genre très actuel, complète l'autrice Anne-Sophie Devriese. Parce qu'en fait, il permet de déplacer des débats qui peuvent être très houleux dans le présent, en permettant de changer de lunettes, de changer de chaussures, de changer d'univers et de permettre aux gens, à travers la fiction, de faire preuve d'empathie, d'expérimenter d'autres vies, d'autres univers, d'autres points de vue, d'autres problématiques et de se mettre dans les chaussures du voisin. »
Créée en 1974, la Convention francophone de science-fiction change de ville chaque année. Après cette quatrième XuCon organisée à Esneux, les passionnés se donneront rendez-vous en 2027 à Grenoble.