Avec une puissance de 150 MW et une capacité de stockage de 600 MWh, l’installation que vous voyez là peut distribuer l’équivalent de la production de 150 terrains de football remplis de panneaux photovoltaïques. De quoi faire de ce site composé de 300 containers le plus grand parc de batteries de Wallonie. Le site de Luminus à Navagne est également un lieu stratégique car situé à côté d’une capacité de production décarbonée. Mais aussi parce qu’il vient compenser le caractère intermittent des énergies renouvelables obtenues via les panneaux solaires ou encore les éoliennes. "Pour compenser le caractère intermittent des énergies renouvelables, il est essentiel de pouvoir stocker l'électricité à grande échelle de manière à remplir les batteries lorsque l'électricité est abondante et restituer l'électricité au réseau lorsque la production d'énergie renouvelable est plus faible, mais que la demande est plus importante à ce moment-là. On peut stocker l'électricité pendant 4 heures. Donc c'est un actif tout à fait important. Et en tout état de cause, la plus grande batterie de Wallonie", expliquait Grégoire Dallemagne, CEO de Luminus. La capacité de stockage du parc vient donc apporter une flexibilité et une sécurité d’approvisionnement importantes dans le cadre de la transition énergétique. À une époque où 80% de l’énergie que nous consommons repose encore sur le pétrole et le gaz. "Le premier enjeu, c'est d'augmenter la production d'électricité pour nous affranchir de notre dépendance aux énergies fossiles qui est particulièrement dommageable, qui nous affaiblit. Parce qu'on voit bien que dès qu'il y a un conflit dans une zone exportatrice de pétrole, ça augmente le prix du pétrole et du gaz, ça nous rend vulnérables et cela pénalise nos entreprises et le budget des ménages", poursuit Grégoire Dallemagne."C'est important d'avoir un moyen d'intégrer toutes ces énergies renouvelables et intermittentes pour pérenniser notre décarbonation d'une part mais aussi, ça participe à la stabilité du réseau électrique. Et ça, en tant que ministre fédéral de l'énergie, j'y suis particulièrement attentif", embrayait Mathieu Bihet. Ce parc qui plus est relié au réseau Elia n’est cependant qu’un maillon parmi d’autres dont il faut tenir en compte. "Il faudra des investissements sur le réseau. Il faudra un mix décarboné. Il faudra du nucléaire. Il faudra travailler sur les assiettes de flexibilité et surtout aussi travailler sur le cadre légal. Et c'est ce que nous faisons pour modifier en profondeur la manière dont on opère les raccordements. Et c'est l'ensemble de ces solutions en fait, qui va apporter une solution à l'accès à la puissance que nous connaissons aujourd'hui", glisse Cécile Neven, ministre wallonne de l'énergie. Avec un investissement de 160 millions d’euros en association avec le fonds I4B - The Belgian Infrastucture Fond, ce genre de projets devraient encore voir le jour.