Place de la République française mardi matin. Les ouvriers ont travaillé toute la nuit pour remettre en état les lieux. Les stigmates de la veille sont encore visibles et les images des dans tous les esprits.
ll fallait encore sécuriser les lieux , des abribus et les locaux des chauffeurs ont été fortement saccagés par les émeutiers.
« C’est la première fois qu’on voit ça, vraiment ici, dans le centre de Liège. Il y a déjà eu des dégradations, des graffitis sur les édicules, mais jamais des trucs cassés comme ça ! », nous explique Nicolas Castellani, ouvrier polyvalent chez Letec.
Les citoyens présents sur place hier décrivent des scènes d’une rare violence. En quelques minutes, la situation a dégénéré dans le centre de Liège, laissant derrière elle des commerçants et des travailleurs encore sous le choc. Pour beaucoup, cette nouvelle escalade de violence est particulièrement difficile à supporter.
« J’ai l’impression que la journée d’hier n’a pas existé, parce qu’on n’a pas l’habitude de vivre ce genre de choses ici. Ça faisait peur parce qu’on voyait tout le monde courir comme si… Je ne sais pas, comme si c’était un monstre qui les suivait. Je n’avais vu ça que dans des films », témoigne un commerçante.
Dans plusieurs commerces, il a fallu se mettre à l’abri. « Ça fait peur, bien évidemment. On a dû fermer tous les volets, ici, à l’intérieur de la galerie Opéra, dans notre commerce. Et puis, il y a aussi les gaz lacrymogènes qui sont arrivés. On ne pouvait plus respirer. On a dû courir à l’intérieur de la galerie. C’était quand même hard. »
Pour certains travailleurs, ces événements viennent surtout renforcer un sentiment d’insécurité qui s’installe depuis plusieurs années. « Ça fait 28 ans que je travaille en ville et c’est de pire en pire. Je ne me sens même plus en sécurité quand je vais travailler. D’ailleurs, aujourd’hui, je suis venu travailler avec la boule au ventre. »
Tous espéraient désormais pouvoir tourner la page et faire de cette journée un mauvais souvenir. Mais l’accalmie aura été de courte durée. De nouveaux affrontements ont eu lieu dans l’après-midi, au même endroit.