Le voyage effectué par Willy Demeyer, bourgmestre de Liège et vice-président du Sénat, le 9 mars dernier à Kigali à l'occasion la conférence des présidents des parlements de la Communauté des pays des Grands Lacs fait sortir de ses gonds le colonel en retraite Luc Marchal, ancien numéro deux de la force de l'ONU au Rwanda lors du début du génocide de 1994. Le militaire dresse un parallèle avec la visite de l'ex-ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, en Tunisie. Comment est-il possible que des responsables politiques, exerçant des fonctions importantes au sommet des structures démocratiques et qui ont, précisément, la tâche de veiller au respect de la démocratie et de promouvoir ses idéaux de par le monde, vont se compromettre au sein d'une dictature pure et dure dont le chef est accusé, dans un récent rapport de l'ONU, d'être responsable de la mort de plusieurs millions de personnes?, écrit-il dans une lettre ouverte adressée à ces deux parlementaires et intitulée Le voyage de la honte. Willy Demeyer accompagnait le président du Sénat, André Flahaut.