Le cdH est revenu à la charge mercredi devant le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour manifester sa mauvaise humeur envers le projet de réforme des télévisions locales divulgué mardi par la ministre de l'Audiovisuel Fadila Laanan. De façon moins appuyée, Ecolo a aussi fait part de ses interrogations. Le projet annoncé mardi par la ministre continue à faire des vagues au sein de la majorité de l'Olivier. Tant l'opposition MR que le cdH et Ecolo avaient déjà manifesté mardi leur surprise face à cette annonce inattendue de la réforme, faite en pleins travaux d'ajustement budgétaire en Commission. En séance plénière mercredi, les centristes humanistes ont remis le couvert. Véronique Salvi a parlé de manque de concertation et de propositions ne correspondant pas aux demandes de la Fédération des télévisions locales. Elle a longuement insisté pour que la ministre ne rejette pas le projet de création d'une deuxième chaîne de télévision locale Be Local, provoquant l'irritation de Mme Laanan. Au cdH encore, Dimitri Fourny a demandé, évoquant le cas de TV Lux, que l'on tienne compte du critère de surface couverte par chaque télévision locale. Pour Ecolo, Isabelle Meerhaeghe a fait part de nombreuses interrogations à propos de Be Local et des risques de division qu'il peut créer au sein des télévisions locales. Elle a aussi souligné la lourdeur des conditions envisagées par Mme Laanan pour soutenir financièrement les télévisions locales. Au MR, Pierre-Yves Jeholet n'a pas manqué l'occasion de relancer ses critiques: effets pervers des critères retenus, manque de concertation et de dialogue. Pour lui, il est clair que Mme Laanan veut continuer à favoriser certaines télévisions et à perpétuer le système faisant que les plus riches d'entre elles s'attirent la plus grosse part des subsides. Il n'a pas hésité à l'accuser de préparer une télévision communiste, berlusconienne. Fadila Laanan a rétorqué que le processus de réforme est en route de longue date. Elle a retenu les critères proposés par la Fédération des télévisions mais en les pondérant différemment afin qu'aucune télévision locale ne perde par rapport à la situation actuelle. Si le volume de production propre reste un critère important, cela répond à la volonté de la déclaration politique du gouvernement, a-t-elle dit. La ministre a expliqué longuement la méfiance qu'elle entretient vis-à-vis du projet Be local de 6 télévisions, cornaquées par le câblo distributeur VOO au sein d'un Groupement d'Intérêts Economiques. Le projet entre en concurrence avec certaines missions de service public de la RTBF et il ne conviendrait pas que les 2 millions d'euros débloqués par le gouvernement en faveur des télévisions locales conduisent à cette concurrence et à des dissensions entre télévisions locales, a-t-elle affirmé. Elle n'est pas plus rassurée sur le plan juridique, où tous les types de statuts envisageables pour cette deuxième chaîne locale se heurteraient soit à une absence d'autorisation de la Communauté, soit à la législation européenne sur le financement public des opérateurs publics. Et si la gestion de la chaîne était confiée au privé, la Communauté exigerait le remboursement de certaines subventions et leur suppression pour l'avenir. -Belga-