Les parties civiles ont dénoncé lundi matin, devant la cour d'assises de Liège, les faits commis par Rita Henkinet. Les avocats ont souligné que celle-ci avait bien assassiné ses deux enfants avec l'aide de son frère Benoît. Selon eux, l'accusée n'était pas en état de démence au moment des faits et ne doit donc pas être internée.La nuit du 1er au 2 mars 2013, Rita Henkinet avait mis fin aux jours de ses deux enfants handicapés, Arnaud et Audrey . Cette ancienne infirmière, âgée de 57 ans, avait fait absorber à ses enfants un cocktail de médicaments et les avait ensuite étouffés. Son frère Benoît est suspecté de lui avoir apporté son aide. Au 11e jour du procès, les parties civiles ont entamé leurs plaidoiries en soulignant que l'euthanasie n'est pas le sujet du procès en cours. Me Christine Collignon, l'avocate du père des victimes, a évoqué les deux victimes et a souligné qu'elles n'étaient pas gravement handicapées. Selon elle, Arnaud et Audrey désiraient vivre et avaient encore l'avenir devant eux. Ils avaient des projets et ils avaient le goût de la vie, a-t-elle plaidé. L'avocate a décrit Rita Henkinet comme une dame qui a des qualités mais qui est aussi rigide, pédante, entêtée, narcissique et pessimiste. Selon Me Collignon, c'est en 2009 que l'accusée a mis en place son processus criminel. Sa fille Audrey avait été affectée d'une péritonite. Sa mère avait alors vécu ce moment douloureux comme un acharnement thérapeutique. Elle n'avait pas envie que cela se reproduise deux fois. Depuis, elle avait entamé des réserves de médicaments. Elle a fait le choix de la mort et son frère l'a inspirée ! , a soutenu l'avocate. La partie civile a aussi évoqué le sang-froid glaçant avec lequel Rita Henkinet a commis les faits la nuit des faits. Pendant que ses enfants agonisaient sous l'effet des médicaments, elle a ensuite pris la décision de les étouffer avec des couvertures. Selon Me Collignon, les choix de Rita Henkinet ont été préparés soigneusement et délibérément. L'avocate a également soutenu que la quinquagénaire ne se trouvait pas en état de démence ou de déséquilibre. Elle ne peut revendiquer un internement. Me Raphaël Weyenberg a insisté sur le rôle de Benoît Henkinet. Il a souligné que l'accusé a coopéré au projet criminel. Il savait tout ce qu'elle avait préparé. Il a validé et cautionné le projet criminel de sa soeur. Il a accepté le processus de mise à mort, a-t-il soutenu. Avocat des grands-parents des enfants victimes des faits, Me Jean-Luc Dessy a encore insisté sur la préméditation, en soulignant que Rita Henkinet et son frère avaient évoqué l'idée d'un grand voyage lorsqu'ils parlaient de leur projet d'éliminer les deux enfants. Selon lui, les faits avaient été méticuleusement et soigneusement organisés. Le réquisitoire de l'avocat général Marianne Lejeune aura lieu en début d'après-midi