Le Procureur général de la cour d'appel de Liège, Cédric Visart de Bocarmé, a fortement nuancé jeudi, au cours de son discours de rentrée judiciaire, les conclusions d'une étude réalisée par une nouvelle agence onusienne appelée ONU-femmes. Cette étude dénonçait l'absence de femmes au plus haut niveau de la magistrature et soutenait qu'il en résultait que seulement 4 pc des victimes de viols obtenaient une condamnation en Belgique. L'ONU aurait gagné en crédibilité en s'abstenant, a soutenu le Procureur général après une autre analyse des chiffres. Pour Cédric Visart de Bocarmé, il est essentiel d'interpréter avec circonspection les chiffres diffusés de cette manière. Une analyse de la méthodologie utilisée lors de cette étude a montré que le taux de condamnations obtenu s'est basé sur un échantillon de 100 dossiers arrivés au parquet en 2006. Nos analystes ont refait le calcul sur une base plus sérieuse et le taux de condamnation obtenu pour l'année 2006 est de 16 pc, voire de 23 pc si l'on considère les dossiers joints à d'autres, a-t-il nuancé. Le Procureur général a rappelé que les femmes sont majoritaires dans les tribunaux du travail et les tribunaux de commerce . Elles représentent 34 pc des magistrats en première instance, 30 pc en Cour d'appel et 12 pc en Cour de cassation.