Le procès de Rita Henkinet et de son frère Benoît Henkinet a débuté lundi matin par un incident de procédure. Les avocats des accusés ont déposé 17 pages de conclusions qui portent, selon eux, sur cinq problèmes majeurs de droit. Le procès a été temporairement interrompu. La Cour rédige un arrêt sur ces différents incidents.Me Alexandre Wilmotte a critiqué l'impartialité des psychiatres et psychologues qui ont rédigé des rapports joints au dossier de la procédure. Selon la défense de Rita et Benoît Henkinet, les rapports doivent être écartés du dossier car les experts sont allés au-delà de leur mission en prenant position sur la culpabilité des accusés. Ces rapports ne respecteraient pas la présomption d'innocence. Me Wilmotte a également souligné que ces rapports, arbitraires, ne sont pas contradictoires et ne lui permettent pas d'exercer correctement la défense de Rita et Benoît Henkinet. Au terme de toutes les procédures, ces éléments pourraient entraîner l'irrecevabilité des poursuites. L'avocat a aussi critiqué plusieurs étapes de la procédure, comme l'absence d'inculpation sur un fait d'assassinat de Benoît Henkinet au début de a procédure. Initialement, Benoît Henkinet avait été inculpé de non-assistance à personne en danger. Ce n'est que lors de l'ultime étape de la procédure, en chambre des mises en accusation, que Benoît Henkinet a été renvoyé sur une accusation portant sur un double assassinat. Aucune enquête de moralité n'a été réalisée à son sujet avant son passage devant la chambre des mises en accusation. Ce point violerait aussi des principes fondamentaux portant sur les droits de la défense. Me Alexandre Wilmotte a également dénoncé le contenu d'un article de presse paru dans un quotidien liégeois qui reprendrait la structure de l'acte d'accusation et propose de manière anticipée les témoignages de personnes qui devront être entendues lors des débats. Les parties civiles et l'avocat général Marianne Lejeune ont contesté les différentes demandes formulées par la défense et ont sollicité la poursuite des débats. A l'issue d'un premier débat portant sur ces incidents, la défense a déposé immédiatement d'autres conclusions portant cette fois sur une révélation effectuée par l'avocat général. Mme Lejeune, lors de son intervention, avait précisé qu'elle avait eu un contact préalable avec les experts. Selon la défense, il s'agit d'une nouvelle violation des droits de la défense. La Cour a interrompu l'audience afin de répondre aux différentes conclusions déposées par la défense. L'arrêt ne sera pas prononcé avant 15h00. La présidente Catherine Urbain a déjà annoncé que le procès a pris une demi-journée de retard.